19 avril 2015

Totoro, friends and sun

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Un beau début d'après midi d'avril, resplendissant comme ils le sont souvent à Toulouse.

Une terrasse de restaurant, l'ombre nonchalante d'un grand arbre, les oreilles encores emplies de musiques superbes, deux verres emplis de bulles dorées, le sourire malicieux d'une amie que je n'avais pas eu le plaisir de voir depuis longtemps.

Un paquet cadeau du Japon, un Totoro tout neuf à accrocher à mon frigo, sourires complices.

Elle me raconte, je l'interroge, nous partageons. Ses angoisses, mes angoisses, ses doutes, mes doutes, nos expériences, qui se répondent. 

Trop de questions qui viennent parasiter mon quotidien de mille tourments inutiles. 

Comme bien souvent, face à une difficulté, il n'est meilleur point de vue que celui d'une personne extérieure.

Et puis survint cette petite phrase, venue à point nommé apaiser mes peurs d'abandon, redoutables : alors que je me sens obligé de justifier de mes faits et gestes pour envoyer de signes rassurants à ce garcon, et si, de son côté sa modération était simplement le signe d'une absolue normalité ?

Et tout d'un coup, tout s'est éclairé...
C'est aussi pour cela que j'aime mes amis.

15 avril 2015

La Photo du Mois : "Signe du déclin industriel"

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Bonjour tout le monde, nous sommes le 15 Avril, il est midi, c'est donc le jour et l'heure de notre rendez-vous mensuel avec La photo du mois !

Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

Ce mois-ci, Alban nous propose de plancher sur : Signe du déclin industriel.

Une fois n'est pas coutume, j'ai pioché ma photo dans mes archives et je vous invite à replonger dans l'histroire du Canal de Lachine, à Montréal, qui fut, en son temps, un très haut lieu de l'activité économique du Québec.

Totalement reconverti, certains artefacts du passé témoignent encore de ce lent déclin, jusqu'à son renouveau contemporain. Telle cette cheminée du XIXe siècle, qui trône parmi des condos flambants neufs et qui s'arrachent à prix d'or...


La photo du mois continue chez les autres participants : A'icha, Akaieric, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Amy, Arwen, Aude, Autour de Cia, Ava, Bestofava, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Cara, CetO, Champagne, Chat bleu, Chloé, Christophe, Claire's Blog, CécileP, Céline, Céline in Paris, Dame Skarlette, DelphineF, Dom-Aufildesvues, El Padawan, Estelle, Eurydice, Eva INside-EXpat, Fanfan Raccoon, François le Niçois, Frédéric, Galéa, Gilsoub, Giselle 43, Guillaume, Homeos-tasie, Iris, Isaquarel, J'habite à Waterford, Josette, Josiane, Journal d'une Niçoise, Julia, Kenza, KK-huète En Bretannie, Koalisa, Krn, La Fille de l'Air, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les Filles du Web, Loulou, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mamysoren, MauriceMonAmour, Memories from anywhere, Milla la galerie, MissCarole, Morgane Byloos Photography, My Little Reflex, MyLittleRoad, Nanouk, Nicky, Noz & 'Lo, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Pixeline, princesse Emalia, Renepaulhenry, Rosa, Rythme Indigo, Salon de Thé, Sandrine, Sinuaisons, Suki, Tambour Major, Testinaute, Thalie, Tuxana, Utopique-Lily, Woocares, Xoliv', Yvette la Chouette.

4 avril 2015

Crème au chocolat

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Le temps de Pâques va de pair avec le chocolat. Et Pâques ou pas Pâques, le chocolat c'est bon, en toute saison.

Voici une petite recette de crème au chocolat dont la simplicité n'a d'égal que la puissance truithonnesque, au-delà de l'imaginable.

Sortez votre fouet de cuisine favori, éloignez les enfants, et sombrez avec délices dans cette tuerie labellisée pornfood apte à faire exploser tous les tours de taille ! 

Une recette facile, bonne et terriblement cochonne...


Crème au Chocolat 

Edition spéciale truithonnage


***
Prix : Pas cher       Difficulté : Enfantine       Truithonnage : Maximal

***

Ingrédients :
  • 200g de chocolat noir
  • 100g de sucre semoule
  • 150g de beurre
  • 5 oeufs entiers
  • 3 cuillerées à soupe de rhum (ou de tout autre alcool de votre choix)
  • 1 pincée de sel


Préparation :
1/ Faites fondre le chocolat avec le beurre au micro-ondes ou au bain-marie.
2/ Mélangez grossièrement les oeufs entiers avec le sucre, l'alcool et la pincée de sel.
3/ Ajoutez ensuite les deux préparations puis mélangez jusqu'à obtenir une pâte lisse.
4/ Réfrigérez pendant 24 heures minimum.
5/ Servir bien froid ou dévorez directement  à la petite cuillère dans le saladier...

La consistance finale de cette crème est vraiment très épaisse... Normalement, au bout de 24 heures de frigo, le contenu ne se renverse pas lorsque l'on retourne le saladier. Une cuillère plantée reste figée.

29 mars 2015

Doña Matilda

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Personne à Cadaquez n'ignorait le nom de Doña Matilda. Vieille femme aride toujours vêtue de cette même noire robe longue de toile épaisse que portent les paysannes, la tête couronnée d'une gigantesque mantille impeccable, finement brodée, rehaussée de perles fines, les gens du pueblo viejo ne parlaient d'elle qu'avec cet infini respect que l'on accorde aux personnes de haut rang. Mati, comme on aimait à l'appeler entre nous, était une figure locale plus importante encore que le Curé dont les sermons ouvertement franquistes malgré la fin de la dictature, attiraient pourtant une foule considérable chaque dimanche.

On ne lui connaissait aucune famille, ni frère, ni sœur, ni père ou mère. Dotée d'une fortune dont on ignore encore aujourd'hui l'origine, elle avait grandi dans un couvent de Mataró avant de venir s'installer ici, à Cadaquez.  Certains en effet, et selon la légende locale, voyaient en elle la fille adultérine d'un haut dignitaire de Segovia. D'autres la disaient fille de roi, descendante directe d'Isabelle la Catholique. Probablement rien de tout cela n'était vrai et, au fond, qu'importe. 

Elle ne sortait que rarement de chez elle, toujours accompagnée de son âne, une méchante bête grise aux oreilles démesurées qui prenait un malin plaisir sadique à mordre les mollets des passants qu'elle croisait en chemin. Il n'y avait bien que Doña Matilda pour l'approcher... les autres enfants du village, que je cotoyais chaque été et pour les fêtes de Pâques, le craignaient comme le diable.

D'ailleurs, à l'instar de Doña Matilda, tout un tas d'histoires plus folles les unes que les autres courraient entre les enfants du pueblo viejo à propos de cet âne. Selon la version qui recueillait l'assentiment des plus anciens, l'animal serait le fruit d'une malédiction jetée jadis par Doña Matilda à l'ancien archevêque de Zaragoza. L'homme d'église, dont la famille était originaire de Figueras, aurait en effet courtisé d'un peu trop près la jeune fille à la chevelure d'ébène tout juste sortie de l'enceinte aux murs de chaux où les religieuses l'avaient éduquée avec toute la rigueur de leur règle. Mati, que l'on prétendait un peu sorcière, lui aurait jeté un sors pour se venger et transformé l'émissaire épiscopal en bête de somme. Selon une autre version, tout aussi improbable, c'est de cet âne que Mati tenait sa fortune, la bête recelant en ses entrailles un trésor fabuleux...

Toujours est-il que ces légendes concourraient à faire de Doña Matilda un personnage mystérieux tout aussi respecté que craint et à qui l'on n'adressait la parole qu'avec une profonde révérence.

La vieille femme habitait une immense demeure juchée sur les contreforts maritimes, un peu en dehors de la ville, en bord de falaise, au bout d'un chemin de pierres calcaires aiguës bordé d'ifs centenaires. La Tienda Mati comme on l'appelait ici. On ne s'y rendait que sur son invitation : "Hé ! tu viendras boire un jus d'orange dimanche !" m'avait-elle lancé un jour que, reconnaissant au loin la mantille perlée, je l'avais croisée à califourchon sur son âne.

"Il te faut y aller !" m'avait sermonné mon père. Une invitation de Mati ne se refusait pas. Et rares étaient ceux qui bénéficiaient d'un tel privilège...

C'est ainsi que le dimanche suivant je me rendis à pied chez Doña Matilda, accoutré pour cette occasion spéciale de mes plus beaux vêtements, hélas bien trop chauds pour la torpeur déjà estivale de ce mois de juin, annonciatrice d'un été caniculaire.

Longeant la falaise à travers la garrigue j'apercevais au loin la silhouette noire des ifs dessinant le sinueux chemin menant à la Tienda Mati vers lequel je m'avançais le cœur battant, les pierres brunes s'entrechoquant sous mes pas. De part et d'autre du sentier s'étendaient des orangers parsemés de petites fleurs odorantes à la fragrance divine qu'un petit vent marin fort agréable portait à mes narines.

Les volets mi-clos, la porte entrouverte, un bougainvillée empourprant la façade de pierres grises, l'on entrait dans la maison assommée de soleil par une vaste cour carrée bercée par le susurrement cristallin d'une petite fontaine parée d'azulejos bleus et blancs. Je sonnai la cloche d'un petit coup sec. "Entre entre !" m'invita de l'intérieur une voix rêche et chevrotante. 

Aussitôt franchi le seuil de la porte, régnait une fraîcheur apaisante baignée d'une semi-obscurité qui contrastaient fortement avec la chaleur extérieure, à tel point qu'il fallut à mes yeux quelques instant pour s'adapter.

Assise dans un haut fauteuil finement sculpté, dans l'embrasure d'une petite fenêtre à travers laquelle perçait un rai de lumière vive, Doña Matilda m'attendait dans la vaste pièce unique. Je ne sais comment décrire l'impression grandiose que j'eus en la voyant. Majestueuse dans sa simplicité, les yeux fermés, comme de coutume toute de noir vêtue, la tête appuyée sur sa main gauche, perdue dans ses pensées, sa main droite tremblotante égrenait un chapelet en bois clair. On eut dit une reine...

Sur la table, une corbeille d'osier emplie d'oranges, et un verre de nectar frais qui venait d'être pressé. Sans déplisser les yeux elle redressa un peu la tête parée de blanc et, de sa main droite, me désigna le verre. 

"Bois donc ! Tu dois avoir soif..."

Sans me faire prier je m'approchai de la haute table et saisis le récipient que, des deux mains je portai à mes lèvres. D'une traite, je bus à grandes gorgées bruyantes ce jus savoureux que je sentis ressourcer chacune des parties de mon corps. Reposant le verre à présent vide, je poussai un grand "Haaaaa !" de contentement. 

C'est alors qu'ouvrant les yeux, elle se mit à rire d'un rire de petite fille. Puis, son visage sévère plissé par le temps s'illuminant soudain comme je ne l'avais jamais vu auparavant, son rire se fit torrent. Oui, elle riait à gorge déployée, comme probablement elle n'avait pas ri depuis longtemps...

Et porté par la joie soudaine et insolite de l'instant, je me mis à rire avec elle.

18 mars 2015

Max Frisch et moi

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Je n'attendais pas un tel succès de ce billet dans lequel je vous demandais de me susurrer vos secrets au creux de l'oreille. En attestent vos commentaires, mais également des courriels, et même un texto d'une personne dont la démarche m'a particulièrement touché.

Alors un grand merci à tous et toutes pour vos contributions. Pour ceux qui ne l'auraient pas encore, fait, sachez away qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire...

Et puis, à l'issue de ses onze réponses, quelqu'un m'a demandé : "et toi ?"

Et moi ?
1/ Aimeriez-vous être votre femme / votre mari ?
Pour le moment la question ne se pose pas. Et même si les choses changeaient, je suis déjà bien trop sévère avec moi-même pour pouvoir tolérer vivre avec quelqu'un qui me ressemblerait à ce point. La réponse est donc définitivement non.
Quand à être celui que j'aimerai et que je désirerai, non-plus. On ne peut correctement appréhender les choses qu'en leur étant extérieur...

2/ Qui auriez-vous préféré ne jamais rencontrer ?
Ces salopards qui m'ont pourri la vie pendant un mois, au printemps 2013. Ils m'ont fait beaucoup de mal, en parfaites ordures qu'ils sont, et je sais qu'un jour je leur renverrai un ascenseur qui leur fera très mal. Je ne suis pas un garçon méchant, mais j'ai bonne mémoire, et je peux être terriblement rancunier.

3/ Aimeriez-vous posséder la mémoire absolue ?
J'ai plutôt une bonne mémoire. A une époque pas si lointaine j'aurais aimé avoir une connaissance absolue de tout, ce qui n'est pas exactement la même chose. Le cerveau est une belle chose qui permet l'oubli...

4/ Quel mort aimeriez-vous revoir ?
Aucun. Les morts sont là où ils doivent être, à leur place. Je me suis habitué à leur absence, le monde a continué d'avancer sans eux, et c'est très bien ainsi. Et puis, comme je l'ai indiqué à la question précédente, l'oubli, le temps, sont de belles et précieuses choses.

5/ Auriez-vous préféré appartenir à une autre nation (culture) et laquelle ?
A ce jour non. Je suis fier de ma culture, de l'histoire (ou plutôt de l'historicité) de mon pays. J'aime la France, ses valeurs, au moins dans leur absoluité. J'ai eu la chance de vivre à l'étranger, de découvrir d'autres cultures.
Alors, peut-être la chose qui me mettrait un peu plus à l'aise, ce serait que l'on prenne un peu de recul, que l'on sache davantage prendre le temps, que notre société soit moins bousculée, moins attachée à des choses ma foi bien superficielles, pour revenir à des valeurs plus fondamentales et simples. Ce sont des choses qui m'ont beaucoup plu au Québec par exemple et que j'avais déjà rencontrées en Argentine, dans une autre mesure.

6/ Quel âge aimeriez-vous atteindre?
90 ans, en pleine forme intellectuelle, et physiquement encore valide, ça me paraît bien. Il y a une forme de prétention ridicule à vouloir franchir le siècle.

7/ S'il vous arrive de vous imaginer n'être pas né, cette idée vous trouble-t-elle ?
C'est une question que je me pose parfois. Que serait-je si je n'étais pas né ? Serais-je seulement quelque chose ? Une conscience quelque part ? Oui, cette question me trouble au plus haut point car elle me renvoie à cette question : qu'est-ce que la conscience ? Avec quoi naît-elle ? A partir de quand ? Existe-t-elle hors de l'humain ? Que la conscience soit réductible à de simples influx électro-chimiques aurait quelque chose de très décevant...

8/ Quand vous pensez à des personnes décédées: souhaiteriez-vous que telle personne vous parle ou préféreriez-vous lui dire encore quelque chose ?
Je ne me suis jamais dit que j'aimerais parler à telle personne décédée. Je crois au contraire que les morts nous parlent, au fond de nous.

9/ Aimez-vous quelqu'un ?
C'est quoi aimer ? Si la question est "ai-je un chéri ?" la réponse est non. Si la question est "suis-je capable d'aimer ?" la réponse est certainement oui. 
Plus généralement, j'aime mes amis proches et ma famille. Non pas d'un amour passionnel comme l'on peut l'entendre dans les tourments romantiques. Plus simplement d'un amour sincère et quasi inconditionnel.

10/ Et qu'est-ce qui vous amène à cette conclusion ?
Le fait que chaque moment passé avec eux est unique et que l'idée de les perdre m'est insupportable.

11/ A supposer que vous n'ayez jamais tué personne: comment expliquez-vous que vous n'en soyez jamais arrivé là ?
Parce que je connais trop les règles du jeu social pour savoir ce qu'il en coûte de les enfreindre... Mais ce n'est pas l'envie qui a pu manquer, parfois. Je crois même que, dans certaines conditions liées à un gros pétage de plombs, je pourrais y prendre un certain plaisir.

12/ Quel espoir avez-vous abandonné ?
L'espoir de rattraper le temps perdu, les années passées, et d'avoir pu vivre différemment certaines choses. Je me suis fait à l'idée que mon passé est ce qui m'a construit tel que je suis aujourd'hui, avec mes forces et mes faiblesses et que changer le passé revient à changer le présent. Alors, qu'y gagnerais-je mais, surtout, qu'y perdrais-je ?

16 mars 2015

A la chaîne !

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Bon bah voilà, je me trouve englué dans une série de chaînes dont je sens que je vais avoir bien du mal à me dépêtrer...

11 Question

6 étapes ;

Let's go girls !


ÉTAPE 1 : CITER LA PERSONNE QUI VOUS A ENCHAÎNÉE :

C'est lui ! Vilain ! (Bouh !!)

Et lui aussi (Re-vilain ! Re-Bouh !! Et en plus il menace de transformer des bébés écureuils en moufles...)



ÉTAPE 2 : RACONTER 11 PETITS (OU GRANDS) SECRETS SUR SOI :
1/ Je n'aime pas les navets violets... (sauf dans la daube que mon bourreau m'a servie l'autre jour !)
2/ J'adore me couper les ongles des mains. Cela me relaxe.
3/ Dans la rue, je mate sans vergogne, en toute impunité.
4/ Je ne mets pas de sucre dans mon café. Sauf s'il est dégueulasse.
5/ Je déteste quand quelqu'un finit sa phrase par "Et donc voilà".
6/ Je sais tirer les cartes. Je ne sais pas si je suis doué, mais j'aime ça.
7/ Les gens plus grands que moi m'intimident. Vraiment.
8/ Je n'ai jamais lu Corto Maltese.
9/ J'aime la glace à la pistache.
10/ J'aime caresser les fesses des garçons.
11/ Il y a des personnes dont je me vengerai, un jour, et de la manière la plus impitoyable qu'il soit.

ÉTAPE 3 : RÉPONDRE AUX 11 QUESTIONS POSÉES PAR CELUI/CELLE QUI VOUS A DÉSIGNÉ(E) :

Grâce à Orphéus et à Pétrichor, qui m'ont pris en sandwich, je me retrouve affublé de 22 questions dignes du concours de l'ENA. 

Attention, chaud devant !


Les questions de Orphéus :

1/ Comme le chantait Jil Caplan, "Si je cherchais quelque part, un doigt sur la mappemonde au hasard", pour toi, ce serait où et pour y faire quoi ?
Probablement en Argentine, où je prévois de revenir pour la fin de l'année. Par ce que j'ai adoré cet immense pays, sa culture, ses paysage, sa douceur de vivre, parce que je m'y suis fait des amis et que j'aimerais les revoir.

2/ Trouve-t-on la plage sous les pavés de bonnes intentions de l'Enfer ?
Une plage aux sables brûlants alors...

3/ Combien de jockstraps dans ton placard ?
Un seul, que je ne mets jamais. Je n'aime pas.

4/ Quel arme choisir pour commettre le crime parfait ?
La trahison. Le pire venin est celui que la victime s'inocule elle-même...

5/ Tu aimerais qu'on se souvienne de toi pour quelle raison (trait de caractère ou action, etc...) ?
Vaste question. On dirait du Sartre. Que laisse-t-on derrière soi ? Des souvenirs, si possible bons... J'aimerais laisser quelques arbres dans un jardin, dont on pourrait se souvenir que c'est moi qui, jadis, les avait plantés et que l'on laisserait s'épanouir.

6/ Que penser du résultat de ((68x5)-43) / (92-(4x20)+3) ?
Que tu énonces d'une manière bien compliquée des choses pourtant bien simples. Un rapport avec la question 9 je présume...

7/ La fable de La Fontaine qui pourrait répondre à un de tes défauts ?
Le renard et la cigogne, même si je ne les connais pas toutes.

8/ Est-ce que tu as une petite frayeur, ne serait-ce que pendant une micro-seconde, de finir entre de mauvaises mains lorsque tu entends l'expression "Refiler la patate chaude" ?
Patate toi même ! 

9/ Si vraiment il faut choisir... Longue ou épaisse ?
Épaisse... Pour en avoir plein la bouche. C'est comme ça que j'aime les tranches de gâteau. Sinon c'est frustrant je trouve. 

10/ Tu as des T.O.C. ? Si oui lequel ? Si non, lequel redouterais-tu le plus avoir ?
Non, je n'ai pas de toc. Et je redouterais d'avoir le syndrome de La Tourette.

11/ Tu aurais le numéro de téléphone d'Adam Levine ? C'est pour un ami...
J'ignorais jusqu'à cette onzième question l'existence même de Adam Levine... Heureusement mon ami google est là pour m'éclairer.
Alors, non je n'ai pas son numéro. Je demanderai à Madonna, elle doit l'avoir.


* * *

Les questions de Pétrichor :
1/ Est-ce que « sucer c’est tromper » ? Si oui, peut-on dire que Pierrot Gourmand est une belle salope ?
Je suis probablement vieux-jeu mais, oui, c'est tromper... Quant à Pierrot Gourmand, que dire de quelqu'un qui s'affiche ouvertement avec une lune ?

2/ On te propose de vivre 10 ans de plus, mais ça tue quelqu’un dans le monde, au hasard, tu acceptes ?
Non. Il faudrait être sûr que ce soient 10 belles années, et non pas des jours de souffrance, prostré dans une chaise percée.

3/ Quel acteur porno regroupe le mieux tes critères physiques chez un mec ?
Aucune idée... Et s'il m'arrive de regarder du porno, je n'ai aucune mémoire des noms d'acteurs. Mais puisqu'il faut citer un nom, et quoi qu'il soit un peu trop maigrichon à mon goût (oui, il faut un peu de gras sous la couenne, c'est plus confortable) je dirais que j'aime bien Austin Wilde.


4/ Le dernier film / La dernière chanson où tu as pleuré ?
Week-end que j'ai revu en janvier et qui m'avait inspiré ce billet...


5/ Si tu étais une arme de Mario Kart ?
Une carapace rouge.

6/ Tu préfères qu’on te pique des frites dans ton assiette ou utiliser la fourchette déjà utilisée par quelqu’un d’autre ?
Je mange rarement des frites, donc la question se pose peu. Mais cela ne me dérange pas que l'on me pique une ou deux frites dans mon assiette. Mon ex était champion.


7/ Il reste un seul carré de chocolat, vous êtes deux, tu fais quoi ?
Je le laisse à l'autre. C'est pas bon pour ma ligne. Et puis, entre nous, ça me fait passer pour un grand seigneur, alors que c'est moi qui probablement mangé les 90% manquants de la tablette hu hu hu ...

8/ Quelle est ta technique en cas d’érection spontanée à la plage?
Je mâchouille une semelle de ranger usagée en me flagellant les cuisses avec des ronces. C'est un sorcier du Gabon qui m'a enseigné le truc.

9/ Est-ce que tu aurais pu te mettre en couple avec un mec qui porte le prénom de ton père?
Sans aucun problème.

10/ Accepterais-tu d’aller au concert de ZAZ tous les samedis de toute ta vie pour coucher avec l’acteur cité en 3.
Ma réponse à la question 3 me porte à penser que la réponse à cette question est "non". Et puis ZAZ a été interdite par une résolution de l'ONU.

11/ Tu as le numéro de portable d’Adam Levine? c’est pour l’ami d’un ami
Je l'ai demandé à Madonna qui doit le demander à Ricky Martin... Je te tiens au jus !


ÉTAPE 4 : DÉNONCER À SON TOUR 11 PERSONNES QUI DEVRONT REPRENDRE TOUTES LES ETAPES DE CETTE CHAÎNE :

Alors, les 11 victimes sont (roulements de moi-même... ):


ÉTAPE 5 : LEUR POSER 11 QUESTIONS PLUS OU MOINS FARFELUES AUXQUELLES ILS DEVRONT RÉPONDRE :
1/ Quelle(s) odeur(s) associes-tu à ton enfance ?
2/ De quelle couleur sont tes yeux ?
 3/ Si j'ouvre ton frigo, je trouve quoi dans le bac à légumes ?
4/ Un pays où tu n'es encore jamais allé et où tu rêves d'aller ?
5/ Parle-moi de ce professeur qui te terrorisait quand tu allais au collège/lycée ?
6/ As-tu une devise ou une maxime qui te représente ? Et si oui, laquelle est-ce ?
7/ Une chanson que tu fredonnes ou que tu écoutes lorsque tu es triste ?
8/ Quel est l'endroit le plus saugrenu où tu ais pensé au sexe ?
9/ La couleur de vêtements qui te va le moins ?
10/ Si tu pouvais arrêter le temps, pendant une demi heure, une fois par jour, à quelle heure serait-ce ?
11/ Quelle est, de ta vie la décision la plus dure que tu aies eu à prendre  ?

ETAPE 6 : INFORMER LES VICTIMES QU'ILS ONT ÉTÉ NOMMÉS...

Voilà qui est fait !

15 mars 2015

La Photo du Mois : Mais qu'est-ce que c'est ?

16 commentaires
Bonjour tout le monde, nous sommes le 15 Mars, il est midi, c'est donc le jour et l'heure de notre rendez-vous mensuel avec La photo du mois !

Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

Ce mois-ci le thème proposé par Akaieric est : Mais qu'est ce que c'est ?
"Le but est de trouver une photo énigmatique, représentant on ne sait quoi, de telle façon que votre lecteur, dès qu’il la verra, ne pourra s’empêcher de s’écrier « Mais… qu’est ce que c’est ? ». Libre à vous d’expliquer ou pas ce qui se cache derrière…"
J'ai déniché ma photo du mois de mars dans mes archives, celles d'août 2014. Plusieurs auraient fait d'excellents candidats, mais celle-ci gagne la palme d'or du "Golden What The Fuck Award".
Mais qu'est-ce que c'est ? 

Mais c'est de l'Aââârt voyons donc...! (prononcer avec emphase néo-bobo tendance prout-prout décomplexé).
Tiens, cela me rappelle une autre expo, visitée il y a quelques années avec Olivier...

Hé oui, cette photo a été prise au Musée des Beaux Arts de Montréal, et non pas dans un zoo comme l'on pourrait de prime abord le penser.

Quand à ce que cela représente exactement, hormis trois primates en train de s'entre-tuer (et même que celui de gauche est en train de mâchouiller le cuissot du grand), à vous de me le dire.

Moi je trouve que ça pique un peu...

Le petit jeu des devinettes se poursuit chez mes petits camarades participants à la Photo du mois :

A'icha, Agathe, Agnès, Akaieric, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Amy, Arwen, Aude, Autour de Cia, Ava, Bestofava, BiGBuGS, Blogoth67, Blue Edel, Brindille, Calamonique, Cara, CetO, Champagne, Chat bleu, Chloé, Christophe, Claire's Blog, CécileP, Céline, Céline in Paris, Dame Skarlette, DelphineF, Destination Montréal, Dr. CaSo, El Padawan, Estelle, Eurydice, Eva INside-EXpat, Fanfan Raccoon, François le Niçois, Frédéric, Galéa, Gilsoub, Giselle 43, Guillaume, Homeos-tasie, Iris, Isaquarel, Josette, Josiane, Journal d'une Niçoise, Julia, Kenza, KK-huète En Bretannie, Koalisa, Krn, La Fille de l'Air, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Laurie, Lavandine, Lavandine83, Lecturissime, Les bonheurs d'Anne & Alex, Loulou, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mamysoren, Marie, Marmotte, MauriceMonAmour, Memories from anywhere, Milla la galerie, Mimireliton, MissCarole, Morgane Byloos Photography, My Little Reflex, MyLittleRoad, Nanouk, Nicky, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Pixeline, princesse Emalia, Renepaulhenry, Rosa, Rythme Indigo, Salon de Thé, Sandrine, Sinuaisons, Suki, Tataflo, Testinaute, Thalie, Tuxana, Utopique-Lily, Voyager en photo, Woocares, Xoliv', Yvette la Chouette.

13 mars 2015

Le temps des violettes

4 commentaires
Des violettes par centaines.
Le printemps qui pointe le bout de son nez...



La violette de Toulouse
    Pour Jean Rosmer

Divine fleur que j’ai choisie
pour être l’éternel parfum
d’amour embaumé de ma vie,
petite fleur de mon jardin,

Non, tu n’es pas la tubéreuse
qui fait muer en pâmoison
de sa substance vénéneuse
ceux qu’elle prive de raison,

ni cet iris mélancolique
se mourant tout plein de langueur
dans une pose très attique ;
morte la fleur, brisé le cœur !

Tu n’as pas l’orgueil de la rose
dont le rubis couleur de sang
évoque l’aspect grandiose
d’un amour trop incandescent.

Ni le lotus aux chastes poses,
ni le muguet, un peu pâlot,
ni l’églantine, enfant des roses,
ni l’œillet blanc, frêle jabot,

ne sont doués du charme tendre
que tu revêts, au demi-deuil,
grave et modeste, à me surprendre
par ton parfum de bon accueil.

L’exquisité de ton délice
me grise d’un calme bonheur,
et je puis bien ce ce calice
vider la coupe en ton honneur.

Petite fleur tendre et jalouse,
toi qui possèdes mon secret,
ma violette de Toulouse,
reste bien close en ton coffret.

Alcanter de Brahm, Les Voix anciennes (Novembre 1901)

10 mars 2015

Parlez-moi de vous...

35 commentaires
Ce soir à la radio, j'ai entendu pour la première fois de ma vie, parler de Max Frisch et plus particulièrement de ses questions abyssales auxquelles j'ai aussitôt eu envie de répondre.

Mais ce soir j'ai eu envie de renverser les rôles... 

Parce que, au fond, ici, je parle beaucoup de moi. Ce qui est normal en somme, s'agissant d'un journal essentiellement personnel.

Mais pour une fois, et si c'était vous, qui me parliez un peu de vous ?

Aussi, je vous propose une série de questions, douze, toutes de la plume de Max Frisch. Je vous invite à y répondre, par un commentaire de la longueur de votre choix, ou bien par un billet que vous publierez ailleurs en laissant la trace d'un lien ici, ou selon la forme qu'il vous plaira. 

Vous n'êtes même pas obligés de répondre à toutes les questions. Vous pouvez n'en choisir qu'une, celle qui vous parlera le plus, pour quelque raison  que ce soit.

Parlez-moi seulement de vous. Murmurez-moi au creux de l'oreille, librement, simplement.
Juste entre nous...

1/ Aimeriez-vous être votre femme / votre mari ?
2/ Qui auriez-vous préféré ne jamais rencontrer ?
3/ Aimeriez-vous posséder la mémoire absolue ?
4/ Quel mort aimeriez-vous revoir ?
5/ Auriez-vous préféré appartenir à une autre nation (culture) et laquelle ?
6/ Quel âge aimeriez-vous atteindre?
7/ S'il vous arrive de vous imaginer n'être pas né, cette idée vous trouble-t-elle?
8/ Quand vous pensez à des personnes décédées: souhaiteriez-vous que telle personne vous parle ou préféreriez-vous lui dire encore quelque chose?
9/ Aimez-vous quelqu'un ?
10/ Et qu'est-ce qui vous amène à cette conclusion ?
11/ A supposer que vous n'ayez jamais tué personne: comment expliquez-vous que vous n'en soyez jamais arrivé là ?
12/ Quel espoir avez-vous abandonné ?

23 février 2015

La peur du noir

7 commentaires
Lorsque j'étais petit, j'avais, comme beaucoup de bambins, une peur irraisonnée du noir. Je me souviens particulièrement de cette terreur totale d'avoir à traverser le vaste couloir pour regagner ma chambre le soir, et d'avoir à croiser en passant, l'immense cage d'escalier béante que mon imagination déjà fertile transformait à loisir en un repère de quelques créature infernales tapies dans le creux des marches et dont les immenses mains crochues me saisiraient au passage pour m'emmener avec elle dans les profondeurs obscures du néant. 

Longtemps, très longtemps j'ai ressenti l'étrange sensation de pouvoir à tout moment être absorbé par l'épaisse noirceur que je savais me regarder du bas des escaliers et dont je pouvais pratiquement éprouver la présence malveillante. Ce n'est donc qu'en courant et le corps transit de frissons que je traversais d'un seul trait l'espace me séparant de ma chambre dont je ne refermais qu'aux deux tiers la porte.

Mais aussi horripilante fut-elle, traverser le couloir n'était pas, pour mon frère et moi, la source de notre plus grande terreur...

Celle-ci survenait généralement le soir au détour d'une injonction a priori totalement anodine de ma mère, qui, occupée aux fourneaux, nous demandait : 
"Les enfants, vous pouvez aller me chercher une botte d'oignons au frigo ?"
A cette simple question, notre sang se figeait instantanément face à la terrible épreuve que nous devions surmonter : il nous fallait aller au frigo....

Le frigo désignait, chez mes parents, un gros bâtiment partiellement désaffecté, anciennement à usage de chambre froide agricole voué au stockage des fruits d'été, et dans lequel mes parents entreposaient alors les récoltes d'oignon et d'ail de l'été du jardin familial.

Située à une petite centaine de mètres de la maison, la bâtisse se voyait de loin. Massive, cubique, elle avait l'air d'avoir été là depuis toujours. De profil, sa toiture asymétrique à deux pans ajoutait encore à la dissonance étrange de cet inquiétant bâtiment à l'imposante stature anguleuse. Loin de se fondre dans le paysage, il s'imposait à lui, le dominait, l'écrasait, le soumettait et l'asservissait à sa sévérité. Et le soir tombant ne faisait que décupler l'allure inquiétante de cette ombre immobile, confinant alors au monstrueux.

Dénuée de tout élément décoratif qui pouvait en égayer l'épaisse allure stalinienne, trois vastes fenêtres percées très haut sur ses façades observaient fixement l'extérieur, sans que l'on ne puisse en rien deviner l'aspect intérieur de l'énorme chose grisâtre. Çà et là, le vieux crépi uniformément gercé, comme un vieux vêtement usé qui se fend, laissait apparaître à travers ses plaies béantes les strates rouges de la brique et du mortier. Parfois on croyait même l'entendre respirer...

Après avoir gravi les trois marches d'un petit escalier en béton, l'on pénétrait à l'intérieur par l'unique porte de bois écaillé à la peinture défraîchie de couleur indéfinie. Malgré leur âge indéterminable, les gonds ne grinçaient pas et la porte s'ouvrait avec une infinie souplesse sur un immense volume culminant à près de huit mètres de haut, sans la moindre difficulté. Une invitation à entrer...

Don't be scared Danny boy.... Do you want a balon ? 
Do they flote ?
Hoooo yes, they flote...!


Un bric-à-brac sans queue ni tête témoignait encore en filigrane du passé des lieux. Ici une vieille calibreuse circulaire à fruits bardée de ressorts et de poulies, là des caisses empilées jusqu'au plafond, des vases ébréchés abandonnés sur un vieux fourneau à bois... ici une vieille table poudrée de poussière et ses chaises cassées disposées de la même façon que si de mystérieux convives s’apprêtaient à s'y asseoir. A travers les hautes vitres tapissées toiles d'araignées, les arbres projetaient leurs gesticulantes ombres noires.
 
Tout cet attirail carnavalesque formait un paysage grotesque tout aussi fantastique que merveilleux pour les enfants que nous étions. Aussi étrange que cela puisse paraître, le frigo n'était pas systématiquement l'objet de la terreur pétrifiante que mon frère et moi redoutions plus que tout. Il nous arrivait même d'y jouer à cache-cache avec nos cousins et cousines, dans un brouhaha de rires d'enfants quasi paradoxal. Peut-être une manière inconsciente d'en mieux exorciser la crainte, et je me demande parfois si ce ne sont d'ailleurs pas nos vifs éclats de joie qui éloignaient au moins temporairement les forces malfaisantes du lieu, faute de les en pouvoir définitivement chasser.

Car une fois les rires fanés et les enfants partis, le lugubre régnait à nouveau.
 
Que l'on y entrât de jour ou de nuit, l'intérieur du frigo fourmillait continuellement de mille grincements, murmures et bruissements venus de partout et de nulle part, bois qui craque, sifflement du vent à travers un carreau brisé, entrecoupés d'inquiétants silences. Et quand soufflait le terrible vent d'autan qui faisait ployer les arbres, le toit de tôles vibrait en de sourds battements métalliques qui suscitaient un état d'effroi le plus total, comme si le diable s'était assis lui-même à califourchon sur le faîte, et s'était mis frapper la charpente de toute ses forces.

Et au fond, tout au fond, il y avait la porte... La porte de la chambre froide.

Haute de trois mètres, barrée d'un complexe mécanisme d'épais leviers et contre-leviers, lourde, épaissement calfeutrée, j'espérais toujours qu'elle fut fermée cette porte. J'espérais surtout de n'avoir jamais à l'ouvrir ni d'entendre, à chaque fois que j'eus à la manipuler, ce râlement sourd et étouffé que l'on eut cru sorti du gosier d'un géant.

Entrer et voir la porte du fond ouverte faisait surgir en moi la peur décuplée que je pouvais ressentir lorsque je passais à côté des escaliers en traversant le couloir. Car derrière cette porte, dormaient les ténèbres les plus épaisses qu'il se puisse concevoir. Un espace hors du temps, hors de tout, humide, mal éclairé, froid, noir, glacial.

Oui, cet endroit fut la cause de mille cauchemars. Plus d'une fois il m'est arrivé la nuit de me réveiller en sursaut après avoir rêvé que je me faisais engloutir par cette porte béante puis que, poussée par quelque esprit espiègle dont je devinais que le lieu était totalement hanté, elle se refermait à jamais sur moi, et que je me retrouvais alors livré aux tourments de je ne sais quels esprits facétieux...

Aujourd'hui encore ce lieu continue de réveiller en moi des frayeurs irraisonnées. Si je n'ai plus autant peur qu'avant d'y aller chercher une botte d'oignons, je ne puis oublier ces souvenirs d'enfance aussitôt ravivés par les grincements et les ombres qui habitent toujours l'endroit dans lequel je ne me rends jamais sans emporter une lampe de poche. Juste au cas où...