21 novembre 2014

Lâcher la pression

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Depuis une dizaine de jours et l'annonce faite de mon retour, le concept de temps m'est très éloigné. Les jours s'enchaînent, se ressemblent, épuisants. Il y eut d'abord à gérer le retour proprement dit. Le traumatisme de la séparation et son cortège d'aurevoirs tous aussi bouleversants les uns que les autres. Les difficultés d'intendance liées à une inflation alarmante du volume de mes bagages. Les nuits trop courtes, malgré les somnifères. Puis le vol à proprement parler. Enfin le décalage horaire qui en est résulté. 

Progressivement je récupère mon sommeil, essayant de rejoindre Morphé sans recourir à des pilules. Pour la première fois cette semaine, je me suis endormi à une heure raisonnable - minuit et quart - pour me reveiller dix heures plus tard dans un état post-comateux de lendemain de veille. Cinq jours que je suis ici, et voici seulement que je commence à relâcher un peu la pression, l'adrénaline faisant toujours son oeuvre. Habituellement elle se répercute dans mes cuisses. Encore aujourd'hui, j'ai les quadriceps aussi endoloris qu'après une rude séance de squat.

Le soleil. J'avais oublié combien il est doux, ici, dans mon Sud-Ouest natal, et combien la luminosité méridonnale m'est précieuse. S'abreuver de la tiédeur apaisante du jaune et de l'orangé sur fond de bleu d'azur. Penser au froid qui s'installe là-bas, aux premières neiges dont j'ai pu voir les photos sur facebook, et un peu à lui, quand même, ou malgré tout.

Relâcher la pression...

15 novembre 2014

La photo du mois : "Voir la vie en rose"

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Bonjour tout le monde ! Nous sommes le 15 Novembre, c'est donc le jour de La Photo du Mois !

Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris. 

Ce mois-ci le thème nous est proposé par Arwen. Il s'agit de Voir la vie en rose.

Voici comment elle suggère d'appréhender ce sujet :
"Voir la vie en rose" n'est pas un exercice très facile (surtout en ce moment), mais ce sera pourtant le thème du mois de novembre. Voyons le bon côté des choses, soyons positifs !( à prendre au premier degré ou pas, faites comme bon, vous semble!) Moi, tout ce que je veux, c'est me transformer en Barbara Cartland le temps d'une visite sur vos blogs (non, j'rigole hein...). Bref, voyons la vie en rose !
Voir la vie en rose. Ce sujet est d'une insolente ironie, pour moi qui quitte le Québec, abandonnant mes rêves américains et laissant bien des choses derrière moi. 

Au moment où ce billet paraîtra, je serai sur le point de partir pour l'aéroport, direction Toulouse. 

Soyons positifs, nous dit Arwen dans son petit prologue. Hé bien, ce qui me donne envie d'avancer, de me relever malgré la grosse baffe que je viens d'encaisser, c'est de rentrer chez moi, de retrouver mes proches, ma famille, mes amis, et de savoir que du travail m'attend. 

Ma photo du mois est donc tirée de mes archives :   
La Basilique Saint Sernin, joyau de l'art roman, "une fleur de corail que le soleil arrose... Ô moun pais, Ô Toulouse", chantait Claude Nougaro.

Allez donc piocher un peu d'optimisme chez les autres participants à la photo du mois :
A'icha, Agathe, Agnès, Agrippine, Akaieric, Alban, Alexinparis, Angélique, Ann, Anne, Arwen, Aude, Autour de Cia, Ava, Bestofava, BiGBuGS, Blogoth67, Blue Edel, Brindille, Calamonique, Cara, CetO, Champagne, Chat bleu, Chloé, Christophe, Cocazzz, Crearine, Cricriyom from Paris, Cécile - Une quadra, Cécile Atch'oum, Céline in Paris, Dame Skarlette, DelphineF, Destination Montréal, Dr. CaSo, E, El Padawan, Estelle, Eurydice, Eva INside-EXpat, Fanfan Raccoon, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Giselle 43, Gizeh, Guillaume, hibiscus, Homeos-tasie, Isa de fromSide2Side, Isa ToutSimplement, Isaquarel, Josette, Josiane, Julia, Kenza, KK-huète En Bretannie, Krn, La Dum, La Fille de l'Air, La Nantaise à Paris, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Laurie, Lavandine, Lavandine83, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les Filles du Web, Louisianne, Loulou, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mahlyn, Mamysoren, Maria Graphia, Marie, Marion, Marmotte, MauriceMonAmour, Memories from anywhere, Milla la galerie, Mimireliton, MissCarole, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Nicky, Philae, Photo Tuto, Pilisi, Pixeline, princesse Emalia, Renepaulhenry, Rythme Indigo, Sailortoshyo, Salon de Thé, Sandrine, Sylvie, Tataflo, Testinaute, Thalie, Tuxana, Vanilla, Voyager en photo, Woocares, Xoliv', Yvette la Chouette.

14 novembre 2014

Good-bye, little yellow bird

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Une décision dure, difficile, longuement réfléchie après avoir pesé la totalité brumeuse du 'pour' et l'immensité écrasante du 'contre' : je rentre.

Vivre ses rêves, assumer ses folies, pour le meilleur et pour le pire.
Être fort, apprendre à grandir.
Prendre des décisions.
Être courageux.
Savoir renoncer à temps, lorsque l'imminence de la catastrophe pointe seulement son ombre à travers l'embrasure de la porte mais que l'on la sait inévitable. 

Avant qu'il ne soit trop tard.

Décision longuement mûrie, ponctuée de nombreux revirements. Au fond, ne pas choisir est tellement confortable. L'indolence moëlleuse du non-choix...

Oui, rester ici, c'était aussi rester dans l'illusion que les choses allaient s'arranger par elles-mêmes, niant aveuglément le silence assourdissant qui inonde ma boîte mail depuis neuf mois. Illusion confortable, il est vrai, mais aussi mortelle que le chant des sirènes.

Car non, je n'ai pas trouvé ici l'accomplissement du rêve américain que je m'étais forgé voici bientôt un an. Malgré tout mon optimisme, des efforts tytanesques déployés pour remuer ciel et terre pour que les pièces du puzzle puissent s'ajuster, cela n'a pas suffi.

C'est ainsi. Il faut s'y résoudre.

Revenir n'est pas un échec. Loin de là. J'ai en effet récolté bien d'autres choses autrement plus précieuses, dont certaines satisfactions personnelles que l'on n'apprendra jamais dans les livres et qu'aucun diplôme d'aucune université du monde ne pourra remplacer.

Décision toutefois ô combien douloureuse qui me conduit à laisser derrière moi celui pour lequel j'étais venu, au bénéfice d'un alignement des planètes qui semblait alors parfait.

Une relation formidable avec un garçon qui l'est tout autant. J'ai beaucoup grandi avec lui. Il m'a aimé au-delà de tout ce que je pouvais imaginer et ce fut réciproque.

La coupure, nette et radicale n'en est que plus féroce. 

Depuis 3 jours, je ne dors qu'à coups de somnifères. Chaque matin je me réveille en pleurant, songeant à ce bonheur perdu, et à lui, probablement triste à en mourir.

Même s'il ne l'approuve pas, il comprend ma décision et je sais qu'il finira par ne plus m'en vouloir.
Good-bye, little yellow bird.
I'd gladly mate with you.

I love you, little yellow bird,
But I love my freedom, too.
C'était notre chanson. C'était sa sonnerie. En même temps s'affichait la photo de ce grand gaillard au sourire d'enfant qui savait si bien me faire rire autant que me faire enrager. Aujourd'hui je ne peux plus l'écouter sans fondre en larmes...

Entouré de ses amis qui l'adorent, je lui souhaite de vite aller mieux.

À présent, un éprouvant voyage m'attend. Ma ligne de route est claire. Du travail m'attend déjà de l'autre coté de l'atlantique. Fort de mon passé, l'avenir m'appartient. Et plein de belles choses avec lui. 

Restons optimistes, tant bien que mal.

Good-bye little yellow bird...



31 octobre 2014

La stratégie de l'attente

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Attendre, prendre mon mal en patience, croiser les doigts, continuer d'y croire, perséverer, envers et contre tout... Lutter contre l'inertie demande une énergie hallucinante pour ne pas sombrer à mon tour dans les limbes de la déprime la plus abyssale. C'est dur. Très dur. C'est même une forme de violence sourde, invisible, insidieuse, éreintante, capable de terrasser le moral le plus tenace. Heureusement, malgré des coups de déprime qui m'assaillent sans relâche, je tiens bon et me relève. Pour le moment.

Cette semaine sera peut-être celle qui marquera un tournant important et me permettra de m'extraitre de la spirale du néant dans laquelle je sombre. Une rencontre professionnelle qui devait durer une petite heure et dont je suis ressorti au bout de plus de trois et demi, une connivence intellectuelle parfaite, l'envie manifeste de travailler ensemble, des idées à profusion... Cela fait du bien, un peu d'espoir.

Hier j'ai à nouveau anéanti les dragons de l'immobilisme administratif en déposant un dossier d'admission à l'université. Hé oui, c'est à ce prix là que je pourrai accéder à la première marche de cet escalier kafkaïen autour duquel je tourne depuis de trop longues semaines. Retourner sur les bancs de la fac, quelques mois, mon cheval de Troyes pour rentrer dans la Matrice et pouvoir ensuite la modeler selon mon désir, et tout faire pêter. Descendre, pour mieux remonter ensuite.

Point de réjouissances anticipées, rien n'est encore joué. Il me faut encore attendre, prendre mon mal en patience, croiser les doigts, continuer d'y croire, perséverer, envers et contre tout, espérer que la commission d'admission acceptera mon dossier, que les servives de l'immigration daigneront me déliver un permis d'études dans des délais raisonnables et que mon interlocuteur tiendra parole.

L'incertitude règne en maître.

23 octobre 2014

Chronophages !

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Les journées racourcissent, vous vous ennuyez au bureau chez vous, vous n'avez pas d'amis ? Pas de panique, voici une nouvelle fournée de petits chronophages testés et approuvés par Tambour Major !

Omino
Parmi les nombreuses variantes de Tétris, voici Omino. Quoique ne présentant rien de vraiment révolutionnaire, Omino offre quelques challenges intéressants, notamment de nouvelles formes bien coriaces qui viendront semer le bronx dans votre partie, ainsi que des bonus rigolos, comme des bombes pour tout faire péter et remettre un peu d'ordre dans cet agencement rapidement chaotique. 

Sans être un must, Omino est suffisamment prise de tête pour vous occuper tout un après-midi. En plus il bénéficie d'une jolie musique qui le rend plutôt agréable.


Hook
Hook est un jeu de réflexion en apparence anodin, au design noir et blanc sans grandes fioritures. Le but est de dénouer ce qui l'est. Simple dans ses premiers niveaux, afin de permettre au joueur d'apprendre les règles de base assez intuitivement, Hook devient rapidement compliqué, prise de tête et plutôt addictif.

On clique, on dénoue, on essaie de dénouer. Zut, ça bloque ici, mais aussi là....
Bon et si on ouvrait d'abord ici ? Ha non, ca marche toujours pas...


Game About Squares
Alors, là Game About Squares c'est mon gros coup de coeur. J'y ai beaucoup joué dans le métro, oubliant parfois de descendre à la bonne station tellement j'étais absorbé. C'est à Fitz  que je dois cette trouvaille

Pas de musique, pas d'animation de folie. Juste des carrés de couleur qui se déplacent dans une seule direction à la fois, des ronds de même couleur, sur lesquels il faut les placer. Et c'est tout.

Attention, malgré son principe ultra simple, Game About Squares est une véritable cochonnerie qui vous tiendra en haleine pendant des heures. Certains niveaux sont d'une extrême difficulté et mettront vos nerfs à rude épreuve. On a beau tourner dans tous les sens, le bleu  d'abord ? Non, le rouge... Grumpf, rien à faire, on est bloqué. Et pourtant il y a une solution rongjûdjû !!

Et puis tout d'un coup, au bout de plusieurs minutes heures jours parties, la solution se place d'elle-même, comme une évidence. Allez comprendre... Et l'on s'arrache les cheveux de plus belle au tableau suivant.

Démoniaque !


Mini Métro
Enfin, je vais terminer par  Mini Metro un jeu très original auquel j'ai pas mal joué ainsi que quelques amis twittos dont Fitz, tnÅ et Tarval.

Vous devez construire et gérer les lignes de métro d'une ville (fictive) et éviter l'engorgement des stations. Au fur et à mesure du jeu, vous pourrez obtenir des rames supplémentaires, d'autres locomotives, ouvrir d'autres lignes, obtenir la possibilité de creuser de nouveaux tunnels sous le fleuve qui bloque le passage... et ne pas faire attendre trop longtemps les passagers !

J'ai eu la chance de jouer à différentes versions de Mini Metro, notamment les toutes premières qui étaient vraiment difficiles. La version actuelle est presque facile comparée à la première mouture. Par exemple, désormais, la locomotive ne ralentit plus lorsqu'elle passe sous la rivière, ce qui ralentissait en conséquence la desserte des stations suivantes et augmentait dangereusement les risques d'implosion. Mais le jeu reste agréable, joli et assez intelligent. 

Prenant sans être réllement prise de tête, Mini Metro vous occupera sans vous en rendre compte.

Merci qui ?

20 octobre 2014

La madame qui se coiffait comme Marilyn Monroe

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La scène se passe autour d'un buffet froid servi dans une salle paroissiale. Une centaine de personnes, pour la plupart retraitées, dévorent avec avidité pains sandwiches et autres salades de pomme de terre à la mayonnaise dans un joyeux brouhaha. Toisant l'assistance de son oeil de lynx, chéri me dit au creux de l'oreille : "Retourne-toi et regarde la madame blonde coiffée comme Marilyn Monroe".

Me retournant aussi discrêtement que possible, et ne sachant pas à quoi m'attendre, j'aperçois, assise à quelques pas de moi, une dame d'un certain âge, entre 65 et 70 ans je ne saurais dire exactement, rondouillette, le double menton prohéminent, très élégamment vêtue, et permanentée comme si elle sortait de chez le coiffeur. 

Aussitôt après l'avoir sommairement dévisagée, chéri répondit amusé à mon air interrogateur : "Cette Madame, c'est un homme... Marc a été traumatisé la première fois qu'il l'a rencontrée car elle parlait avec une voix androgyne de madame qui a fumé un paquet par jour toute sa vie. tout en lui écrabouillant la main" joignant le geste à la parole, mimant la face héberluée de Marc alors que ses phalanges étaient réduites en nanoparticules par une poigne féminine anormalement virile. Automatiquement mon regard revint sur cette grosse madame alors en train de dévorer un part de gâteau au chocolat tout en disctutant avec sa voisine.

Cette révélaltion m'a tout d'abord gêné l'espace de quelques minutes, avant de laisser la place à un trouble qui, plusieurs jours après, ne s'atténue pas. 

En réalité, je ne suis pas certain de savoir ce qui m'a le plus perturbé : le fait d'avoir face à moi une personne qui n'est pas ce qu'elle paraît être, une personne transexuelle dont le secret se trouve soudain éventé ? où le fait de me sentir mal du fait même de me poser ce genre de question ?

Après y avoir bien réfléchi, je crois bien que c'est ça qui m'a le plus dérangé : d'avoir à m'interroger sur l'identité d'une personne en raison de l'image sociale qu'elle projette, c'est à dire, pour employer une expression à la mode, d'avoir à m'interroger sur l'identité d'une personne en raison de son genre.

Car si l'on ne m'avait pas dit que cette personne était transsexuelle, non seulement je n'aurais rien remarqué, mais en outre je ne crois pas qu'il me serait venu à l'esprit de remettre en cause ce que me dictaient les apparences, lesquelles satifsaisaient sans la moindre vaguelette aux conventions du jeu social.

Et c'est à ce point de mon cheminement que la balle m'est revenue en pleine poire d'une manière spectaculaire. 

Nous autres, les gays, qui avons milité et militons encore pour que notre orientation sexuelle ne soit pas un critère discriminant ni discriminatoire de quelque façon que ce soit, je me trouvais dans la situation - je n'irai pas jusqu'à dire juger, mais au moins de considérer, ou plus exactement de me sentir mal à l'aise face à quelqu'un pour exactement les mêmes motifs que ce contre lesquels je me bats. Parce que oui, je fais partie de ceux qui considèrent qu'un homme ce n'est pas d'abord un pénis, ni qu'une femme puisse être réductible à un vagin, ni une personne puisse être réductible à son orientation sexuelle. Et me voilà en train de me poser mille questions et de ressentir un je-ne-sais-quoi de profondément malaisant parce que la personne en face de moi n'est pas du sexe qu'elle prétent être...

Bam, prends toi ça dans la gueule.

Qui plus est, la situation de malaise était accentué par l'âge de cette madame. Entre 65 et 70 ans comme je l'ai déjà dit. Si aujourd'hui les  choses se sont améliorées, je ne suis pas sûr que ce qu'a traversé cette dame pour en arriver là où elle en est maintenant, mérite un sourire sarcastique ou une messe basse moqueuse. Elle a probablement fait partie celles qui en vu des vertes et des pas mûres, qui en ont probablement chié comme personne, au-delà de l'immaginable, pour réussir à assumer ce qu'elle est, par-delà les apparences.

Oui j'ai été troublé mais aussi ému. J'aurais bien aimé lui parler, à cette dame, pour qu'elle me raconte. Et moi je me rends compte que j'ai encore beaucoup de progrès à faire en matière de tolérance. 

18 octobre 2014

Carrés au riz soufflé

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Aujourd'hui, on va faire dans le food porn le plus absolu. Je veux parler d'un truc vraiment décadent. T'as même pas idée à quel point c'est scandaleux.

Quinze minutes et une poignée d'Euros, c'est tout ce dont tu auras besoin pour préparer ce petit bijou de dépravation, repoussant d'un cran les limites de l'obscénité culinaire la plus triviale.

Prêt ?


Carrés au riz soufflé
(Super facile - Super pas cher - Super bon) 
Ingrédients :
  • 1/4 de tasse de beurre
  • 1/2 cuillerée à café de vanille (ou tout autre arome de ton choix)
  • 6 tasses de riz soufflé non sucré (type Rice Krispies)
  • 1 tasse de pépites de chocolat (lait, noir, ad lib !)
  • 250g de guimauves ordinaires
Préparation : 
1/ D'abord, tu prends une grosse casserole à bords hauts, genre cocotte minute, de diamètre assez grand. 24 cm est un minimum. Tu comprendras vite pourquoi. Fais fondre le beurre à feu doux puis ajoute les guimauves.


2/  Remue jusqu'à ce que ça fonde de façon homogène. Tu dois obtenir une pâte bien visqueuse et sans grumeau. Attention, ça attache vite.


3/ Ajoute la vanille ou l'arôme de ton choix. Attention : on donne dans l'outrage aux bonne moeurs. Alors évite l'extrait de fleur jasmin pourpre du Bengale 100% Bio, acheté en épicerie fine 45 Euros. Non. Prends du lourd, du bien chimique, avec des poils. Un truc bien artificiel à la fraise rose fluo  par exemple.


4/ À ce stade, tu peux mettre ton feu au strict minimum de sa puissance. Il est important de maintenir une petite source de chaleur pour que la masse ne solidifie pas trop rapidement dans ta cocotte lors des minutes à venir.

5/ Ajoute le riz soufflé en remuant pour bien mélanger. Ici on dit "brasser". Tu vas voir, l'expression prend tout son sens avec cette recette ! Brasse comme un dingue en allant bien décoller la pulpe du fond de ta marmite. Tu le sens ton bras qui commence à chauffer là ?


6/ En cours de route, ajoute le chocolat. Nous on a mis du chocolat noir. Une tuerie. Oué, la marque s'appelle Le Décadent. Tu crois vraiment que c'est un hasard ?


7/ Une fois que toute la guimauve a été bien agglutinée sur toutes les céréales, et que ton chocolat a commencé à fondre, verse la préparation dans un moule à gratin assez grand, préalablement beurré.

8/ Presse bien pour faire une sorte de grosse galette bien compacte et plane. Mets-y les mains, c'est encore meilleur.


9/ Laisse refroidir une petite heure à température ambiante. Découpe en gros cubes ou toute forme de ton choix puis mords à pleine dents.

Oué, vas-y, vautre-toi dans la luxure sans aucune retenue. Et en plus je suis sûr que tu aimes ça...


Quelques derniers trucs de gourmand
À la place, ou en plus, des pépites de chocolat, tu peux ajouter à peu près n'importe quoi de sucré, comme des fruits secs, des M&M's...

Le riz soufflé peut être remplacé par des korn flakes. Rien que d'y penser j'ai la bouche en émois.

Et si tu es vraiment cochon, plonge tes carrés dans du chocolat fondu.

Scandaleux  je te dis...

15 octobre 2014

La photo du mois : "Prendre l'air"

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Après presque un an d'absence, voici le retour sur ce blog du rendez-vous mensuel avec La Photo du Mois !

Chaque 15 du mois, à midi heure de Paris, les blogueurs participants publient chacun une photo (et une seule !) en fonction d'un thème donné à l'avance.

Ce mois-ci, le thème nous est proposé par La Fille de l'Air et il s'agit de : Prendre l'air.

Thème très ouvert et assez facile de premier abord, sauf si l'on veut espérer ne pas faire la même photo que tout le monde et sortir (je l'espère !) des sentiers battus. Après mille hésitations, j'ai finalement choisi cette photo :

Prendre l'air, le roi des instruments y est passé maître ! Prendre (de) l'air à pleins poumons pour que, sous les doigts du musicien et les voûtes séculaires, jaillissent, par la bouche de ses tuyaux immobiles, mille harmonies majestueuses.

Pour information, il s'agit de l'orgue construit en 1994 de la chapelle de Bishop's University, à Lennoxville. Un très bel endroit aux gracieux bâtiments victoriens.

Envie de prendre l'air ? Allez donc voir ce que proposent les autres participants à La photo du mois !

A'icha, Agathe, Agnès, Agrippine, Akaieric, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Angélique, Anne, Annick, Arwen, Aude, Autour de Cia, Ava, Bestofava, BiGBuGS, Blogoth67, Blue Edel, Brindille, Calamonique, Cara, Cécile Atch'oum, Céline in Paris, CetO, Champagne, Chat bleu, Chloé, Christophe, Cocazzz, Crearine, Cricriyom from Paris, Dame Skarlette, DelphineF, Destination Montréal, E, El Padawan, Elsa, Estelle, Eurydice, Eva INside-EXpat, Fanfan Raccoon, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Giselle 43, Gizeh, Guillaume, Homeos-tasie, Isa ToutSimplement, Isaquarel, Josiane, Julia, Kenza, KK-huète En Bretannie, Krn, La Dum, La Fille de l'Air, La Flaneuse, La Nantaise à Paris, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Laurie, Lavandine, Lavandine83, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les Filles du Web, Louisianne, Loulou, Lyonelk, magda627, Mahlyn, Mamysoren, Maria Graphia, Marie, Marmotte, MauriceMonAmour, Memories from anywhere, Milla la galerie, Mimireliton, MissCarole, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Nicky, Philae, Photo Tuto, Pilisi, Pixeline, princesse Emalia, Renepaulhenry, Rythme Indigo, Salon de Thé, Sandrine, Sephiraph, Sylvie, Tataflo, Testinaute, Thalie, Tuxana, Vanilla, Xoliv', Yvette la Chouette, Zaza

13 octobre 2014

Promenade au parc Maisonneuve

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Se promener dans les parcs publics dont la ville abonde se situe quelque part dans le top ten des choses qui sont extrêmement agréables à faire à Montréal.

Ayant la chance d'habiter à quelques minutes du grand parc Maisonneuve, l'un des plus grands de Montréal, situé dans l'Est de la ville, j'en ai fait l'une de mes destinations de choix pour prendre périodiquement un grand bol d'air. 

Et l'air, il y a largement de quoi en respirer de grandes bouffées, tout au long des 80 hectares que compte ce parc. 

Situé juste à côté du complexe olympique, il a été sévèrement remanié dans les années 70 afin que soient construits les équipements qui devait accueillir les jeux de 1976.

En été comme en hiver, le parc Maisonneuve est un lieu incontournable de l'Est de Montréal. Il fait bon venir s'y promener pour y chercher un peu de calme, un peu de soleil, un peu de fraîcheur à l'ombre de ses nombreux arbres, y faire la sieste ou se prélasser de tout son saoûl sur l'une des nombreuse chaises longues parsemées çà et là.

C'est d'ailleurs bien comode pour y observer à loisir toute la faune exotique de coureurs, de joggeurs et autres cyclystes qui, l'été venu, exposent sans complexe muscles et poils... Hé oui, c'est aussi cela, les charmes du Québec !

Retour de la fraîcheur oblige les joggeurs qui, naguère, se trimbalaient en petits shorts affriolants laissant découvrir leur pilosité étourdissante, ont revêtu des joggings dont les vertus érotisantes ne sont plus à démonter.

En ce moment, le feuillage d'automne offre un autre spectacle absolument éblouissant. Aujourd'hui particulièrement, auréolé de lumière délicieuse et un ciel d'azur immaculé, les couleurs étaient d'une rare beauté.

Sous les arbres les écureuils gambadent allègrement en ondulant de tout leur corps gracile, comme des vaguelettes de poils. J'ai essayé d'en amadouer un pour lui gratouiller le menton, en vain. 

Il est six heures et déjà le soleil décline. Mes pas crissent dans le tapis de feuilles mortes qui jonchent le sol. Les ombres s'allongent. Le parc peu à peu se vide et regagne sa quiétude vespérale, sous le regard impassible de la tour du stade dont la haute stature domine l'horizon. 

10 octobre 2014

L'aigle et le moineau

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Encore ces rêves étranges qui viennent perturber mon sommeil. Ce matin je me suis réveillé aussi fatigué que la veille au soir. 

Cette nuit j'ai rêvé que je tondais la pelouse chez mes parents, un tiède soir d'été, sur un terrain en forte pente qui n'existe pas dans la réalité. Au détour d'une touffe d'herbes hautes, je découvre un genre de gros aigle blanc camouflé dans un nid creusé à même le sol. Il me regarde, je vois ses yeux perçants, et son bec pointé en ma direction, sans agressivité immédiate.

L'instant d'après, le gros oeuf qu'il devait être en train de couver est éclos. Un poussin, paré ce qui lui tient lieu de premières plumes, se tient déjà debout, à peine extrait de son sarcophage ivoire. Un moineau passe à proxitimé du nid. L'aigle blanc s'en saisit et aussitôt commence à le déchirer à coups de bec. Le sang perle à travers les plumes qui lui recouvrent la tête. Je ne suis même pas attristé du sort de ce pauvre animal dévoré vif.

Je continue à tondre la pelouse, en songeant à cet examen qui m'attend demain à l'université et pour lequel je n'ai pas assez travaillé. Une angoisse m'étreint. La même que celle qui s'emparaît de moi à la veille de mes interros de maths.
Malaise.

La conversation d'hier soir avec un eustie de gros cave n'y est certainement pas pour rien. M'entendre dire grosso-modo que mon parcours universitaire est à l'opposé de toutes les valeurs capitalistes du Canada, n'aide pas à garder l'optimisme que je m'efforce de cultiver, contre vents et marées. Je ne sais même pas s'il a eu conscience d'être blessant.

Mes angoisses du moment s'expriment comme elles le peuvent...