vendredi 6 novembre 2009

Vertes et pas mûres

Le retour des mauvais jours, la grisaille, le froid et la pluie d'automne sont autant d'occasions de rester bien blottis dans sa "maison, sucrée maison" pour de délicieuses séances de galipettes procrastination  dans les bras d'un inconnu devant un bon film, accompagné de quelques douceurs faites maison. Que ce soit Virgile et ses gâteaux italiens, Chondre et son Tiramisù, d'aimables odeurs de caramel et de pain chaud emplissent les blogs ces temps ci.

Pour ma part, la vision de plants de tomates mourants dans le jardin de mes parents  le week-end dernier m'a aussitôt fait songer à la confiture de tomates vertes que préparait ma grand-mère et dont, étant gamins, nous tartinions copieusement de larges tranches de pain pour notre quatre heure au retour de l'école mon frère et moi.

La méthode est des plus classique : des tomates vertes coupées en morceaux, un poids égal de sucre, et un citron (ou une orange) également dépecé par kilo de fruit.

On met le tout à macérer pendant 24 heures puis on cuit gentiment dans la traditionnelle bassine en cuivre pendant.. heu... ben pendant le temps qu'il faut (disons entre 30 et 45 minutes, le temps que le jus de cuisson nappe) en écumant régulièrement.

La petite astuce de Tambour Major : je cuis en 2 fois. Je donne un premier bouillon que j'interromps dès les premières bulles (le matin avant de partir au boulot) puis je fait réellement cuire le soir pendant le temps nécessaire à l'obtention d'une belle nappe. Ce procédé a l'avantage de permettre un bonne pénétration du sucre au coeur des morceaux (surtout si vous les laissez assez gros) et préserve un peu mieux la couleur verte (à moins que ce soit une illusion d'optique ?).

Passez le tout au mixer si vous la voulez sans morceaux (mais avec des morceaux c'est tellement meilleur) et hop, on verse dans des pots tant que c'est encore bien chaud ! Sans oublier une étiquette pour se rappeler ce qu'il y a à l'intérieur...

A savourer directement dans le pot, ou plus sobrement sur des gaufres ou des crêpes.

On peut aussi s'amuser à jouer quelques variantes : ajouter à la macération quelques lamelles de piment d'espelette pour donner un peu de relief, faire marcer un petit  bouquet de menthe fraîche en toute fin de cuisson pour des saveurs mentholées originales, ajouter un baton de canelle dans le pot... Il n'y a d'autres limites que celles de son imagination.



Ha, si, tout de même : évitez les rondelles de chorizo...

mardi 3 novembre 2009

chronophage

Vu sur le site ecrans.fr, un jeu chiant et assez fastoche, histoire de patienter d'ici la fin de la journée...

Conseil : mettez le son à fond !!

Greetings


La fin de l'année approche et vous songez déjà au semi-remorque de cartes de voeux que vous allez devoir envoyer à tante Ursule ainsi qu'à tous vos proches pour satisfaire à la tradition... c'est bien !

Peut être faites vous partie de ceux qui abhorrent ce rituel épistolaire aussi inutile que niais, tout comme vous haïssez les repas de famille qui ponctuent les derniers jours de l'année finissante et agrémentent les premiers de celle qui s'ouvre... c'est votre droit !

Mais peut être cherchez-vous plus simplement une façon originale de souhaiter un anniversaire, un décès, un licenciement, ou une mise à la retraite.

Quelque soit votre situation et vos opinions sur le sujet, allez donc faire un tour chez Dean Morris qui propose tout un tas de cartes de voeux pour le moins décalées, subtilement grinçantes, au mauvais goût borderline plein de panache.

Outre des cartes, le site propose tout un tas de goodies tels que porte-clés, dessous de verres, mugs et bien d'autres choses encore... Tiens, des idées cadeaux ?

Pour ma part, je suis totalement fan ! Surveillez vos boites à lettres, certains vont avoir des surprises je sens ...smileys Demons



vendredi 30 octobre 2009

Sur les ondes...

Entendue hier après midi sur France Inter alors que je découpais des tomates vertes destinées à devenir confiture, une petite curiosité musicale qui m'a immédiatement séduit à tel point que je me suis même donné la peine de faire quelques recherches sur Arnaud Fleurent-Didier, son auteur, dont on apprend sur Wiki qu'il " est un musicien, chanteur français né le 26 juin en 1974 " et qu'il a déjà à son actif plusieurs albums...




Ca sonne comme un air de déjà entendu quelque part... ha bé oui... ça ressemble à riff samplé sur Bonnie & Clide de Gainsbourg savamment remixé. Mais bon, c'est élégant, agréablement automnal et un brin nostalgique...

Mon coup de coeur du moment.

lundi 26 octobre 2009

Tempête de Boulettes Géantes

L’affiche que j’avais aperçue en sortant de la projection de La Haut m’avait aussitôt donné envie d’aller voir Tempête de Boulettes Géantes. L’idée même d’une tempête de nourriture, que ce soit des harengs fumés, de la choucroute, ou en l’occurrence des boulettes de viande géantes, me faisait particulièrement tripper et je restais rêveur face à tout le potentiel délirant du concept… une tempête de boulettes géantes !!
Doté d’un goût immodéré pour le « non-sens » le plus débridé, j’avais hâte de découvrir ce qui se présentait comme un ovni du film d’animation.

Présenté par la firme Sony Entertainment, Tempête de Boulettes Géantes repose sur des ficelles classiques sans profondément renouveler le genre, si ce n’est l’idée originelle pour le moins pas banale.

Sur une île, capitale mondiale de la sardine, Flint Lockwood, inventeur au talent injustement méconnu et passablement ado attardé, court après une renommée que le destin se refuse à lui offrir. Fermement décidé à mettre au point le chef d’œuvre de sa vie, il invente une machine capable de synthétiser de la nourriture à partir d’eau. Cela tombe à pic d’autant que les insulaires commencent à en avoir raz la barquette de bouffer des sardines à toutes les sauces. Désormais placée en orbite au dessus de la ville suite à une expérimentation qui ne s’est pas déroulée tout à fait comme prévu, il suffit à notre gentil génie incompris d’appuyer sur un bouton pour que tombe du ciel hot-dogs, donught savoureux, cheeseburgers et pancakes… à profusion ! La ville se transforme régulièrement en royaume de Hansel & Gretel et certaines scènes m’ont fait penser à une vieille pub Carte d’Or où une belle jeune femme ouvre son congélateur et se retrouve propulsée dans un monde des mille merveilles où tout n’est que plaisirs glacés. Oui, petit conseil : calez vous bien le bide avant d’aller voir le film, vous risquez sinon de saliver régulièrement ! Bref, grâce à cette machine, c’est le paradis sur terre.  Sauf que bien évidemment ce qui devait arriver finit par se produire : à trop vouloir en faire, patatras, la machine se dérègle… Et la situation commence à craindre franchement lorsqu'une tornade de spaghettis frappe la ville !

Sur cette trame classique de l’invention géniale qui échappe à son créateur va se greffer une série d’éléments récurrents au genre.

De l’amûûûr, avec la charmante stagiaire présentatrice météo que notre gentil héros va tenter de séduire. Une (brêve) lutte du bien contre le mal avec une scène de tentation par le Malin titillant la corde sensible de l’orgueil face à la raison. On ne nous épargne pas non plus les clichés habituels du génie incompris, ni la voix de la raison incarnée par la figure du père, un gentil mastodonte passablement renfrogné dont le regard se réduit à une épaisse frange de sourcils doublée d’une moustache tout aussi improbable ; personnage présent mais peut être un peu sous exploité et qui aurait sûrement gagné à acquérir un peu plus d’ampleur, nous y reviendrons.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste mais l'importance qui leur est dévolue reste très marginale. Qui plus est, caricaturés parfois jusqu'à l'extrême dans une recherche comique je suppose, ils finissent par devenir grotesques et agacent au lieu de séduire, desservant le but qui est normalement assigné aux faire-valoir.

Quelques éléments de critique sociale sont doucement saupoudrés : satire de la société de consommation qui, à force d’en demander toujours plus, finit par faire n’importe quoi, fut-ce avec les meilleures intentions du monde. Les petites incuries des uns et des autres mises bout à bout qui finissent par produire des catastrophes irréversibles. Petite pique en direction des pays de l’hémisphère Nord qui produisent bien plus qu’ils ne peuvent consommer, le surplus de bouffe finissant tout simplement stocké dans un immense barrage dont l’ombre assombrit chaque jour d’avantage la ville. A aucun moment n’est évoquée la possibilité de nourrir la planète, l’utilisation de la machine restant très égoïste ; critique assumée ou absence de parti pris ?
 
Mais tout cela n’est distribué qu’au compte gouttes, avec la crainte que l’on peut avoir lorsque l’on manie le piment de Cayenne pour la première fois : par peur de trop en mettre on finit par ne pas en mettre assez, laissant planer une certaine fadeur sur l’ensemble.

Car c’est peu être le défaut majeur du film : quoique tous les ingrédients nécessaires à faire un bon film soient réunis, malgré un panel de personnages bien campés (peut être un peu trop d’ailleurs) et une avalanche de gags, la sauce ne prend pas vraiment et manque un peu de corps.

Drôle, Tempête de Boulettes Géantes l’est assurément. J’ai ri assez souvent, l’humour est présent à différents degrés, ce qui en fait un film accessible à un très large public, y compris aux plus jeunes.  Outre les quelques running gags bien sentis qui ponctuent régulièrement le film, je vous conseille en particulier dans le dernier tiers, une désopilante attaque de nounours totalement hallucinatoire (je crois que les scénaristes sont toujours en cure de désintoxication…), qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler un cartoon  mettant en scène un Bugs Bunny pilote, en proie avec un Gremlin facécieux. C’est du lourd, du burlesque fortement déjanté confinant parfois aux psychédélique, qui regorge d’une bonne humeur des plus appréciables.
Graphiquement, la réalisation est plutôt soignée, ce qui est la moindre des choses eu égard à ce que font les concurrents en ce domaine, le terrain est plutôt glissant. Bien que ce ne soit pas le plus extraordinaire qui m’ait été donnée de voir, ce n’est pas non plus, et de très loin, ce que j’ai vu de pire. Les partis-pris esthétiques sont assumés et justifiés par le ton de l’ensemble. L’ombre de Pixart, les maîtres absolus, plane et les comparaisons sont inévitables. Pour autant, le film réserve de belles surprises et certains renderings sont de premier choix. Je pense notamment à la scène du château en gelly où l’animation et le rendu dynamique sont vraiment excellents.

En définitive ce qu’il manque vraiment à Tempête de Boulettes Géantes tient à peu de choses : des personnages un peu plus attachants et un soupçon de poésie en plus auraient pu hisser le film au rang des grandes réalisations. Car aligner les vieilles recettes de cuisine et les gags – même globalement très réussis – ne suffit pas pour faire un bon film drôle. Il y faut à mon goût un ingrédient magique : un peu de poésie, de supplément d’âme, de profondeur, un peu de rêve…

C’est peut être l’apanage des grands : savoir nous donner à rire tout en éveillant en nous l’enfant qui sommeille. Quoique ayant bien ri, l’enfant qui dort en moi a écarquillé les yeux, sans les ouvrir complètement.

vendredi 23 octobre 2009

Quand ce n'est plus l'heure...

Si comme moi vous faites partie de la catégorie des lève-tard, cette frange de la population pour laquelle s'extirper quotidiennement du plumard le matin avant 9h pétantes relève de la torture psychologique, vous devez tout autant apprécier cette nuit rare du passage à l'heure d'hiver qui étire le temps en une torsion magique et vous permet de passer une heure de plus bien calé sous la couette, dans les bras de votre chéri(e)/nounours/one-night-shot/oreiller/labrador (rayez les mentions inutiles), sans l'once d'un remord, d'autant que ce sera dimanche matin... Car oui mes amis, ce week-end nous changeons d'heure !

Mais si certains partagent avec moi un mode de vie parfois proche du plantigrade, d'autres font au contraire preuve d'une tonicité fatigante dès les premiers rayons du soleil...
Alors, comme le suggère une vidéo en ligne sur Yagg, que faire de cette heure supplémentaire ?

  1. Rien du tout... ils nous font chier avec leur changement d'heure à la con !
  2. Je suis insomniaque, je dors 2 heures par nuit... une heure de plus à me faire chier devant ma télé...
  3. La nuit idéale pour le vampire que je suis ! Ca va sucer à mort ! (ironie à peine feinte... désolé c'était trop tentant)
  4. Dormir un peu plus que d'habitude, c'est toujours ça de pris.
  5. Enfin dormir les 10h consécutives minimales à mon équilibre mental.
  6. Hé merde, 1 heure de plus pour que ce con de chat fasse le mariole... j'ai encore du Déroxa ?
  7. Sortir toute la nuit ni vu ni connu et me coucher plus tard...on va faire brûler le dance-floor !
  8. Se lever plus tôt pour une opération commando "à mort le bordel dans mon appart"
  9. Se lever plus tôt  et aller ramasser des champignons en sous bois en observant les z'animaux du matin (c'est bô la nature à l'aube)
  10. Profiter de cette heure en plus pour baiser toute la nuit comme un castor un rab' de câlins nocturnes

Moi j'ai choisi !
smileys Anges

jeudi 22 octobre 2009

Le grand jeu

Une petite vidéo drôlement bien faite qu'on peut regarder tranquilement au bureau même sans le son.



Hi hi... Un grand classique revisité mais personnellement je trouve ça très bon.

mardi 20 octobre 2009

Ce jeune homme qui aimait les garçons

Comme tout garçon mauvais genre qui se respecte, je prends soin de mon allure en transpirant régulièrement tous muscles saillants derrière une généreuse couche de gras dans une salle de sport dont la ville rose regorge. Si certaines salles du centre sont réputées pour être des annexes de sites de rencontres ou de bars réservés à une clientèle virile avertie, celle que je côtoie depuis maintenant plusieurs années n'avait pas à ce que j'en savais cette notoriété. Pas de tafioles en vue, pas de Miss "hannnnn j'me suis cassé un ongle" ni même de quoi faire décoller mon gaydar d'un demi-millimètre, à l'exception notable de moi même (qui ai subi il y a quelques mois l'outrage de me faire rappeler à l'entrée d'une boite gay que l'endroit était très mauvais genre.... gasps !!) et d'un mec d'une quarantaine d'années que j'avais croisé lors de l'une de mes virées nocturnes voici un peu plus d'un an. Le reste de la clientèle est a priori bien hétéro comme il le faut, avec quelques machos névrosés du slip qui se la jouent gros bras.

Lorsque je vis Christophe* rentrer pour la première fois dans la salle, les aiguilles de mon gaydar se sont soudainement affolées. L'observant de loin en loin entre les machines ou par l'intermédiaire des reflets dans les miroirs, la question revenait incessante : mauvais genre ou pas mauvais genre ? traquant de sa part un geste, une attitude, un timbre de voix, une inclinaison du regard qui trahisse quoique ce soit qui me permit de conclure dans un sens ou dans l'autre. Une heure plus tard je le vis repartir, ma curiosité insatisfaite. Christophe n'est pourtant pas mon genre de mec, ça non. Beau gosse, oui, minet sur les bords, de grands yeux avec un regard incroyable, un sourire hallucinant et d'allure athlétique... le mec craquant quoi. De là à dire que j'en aurais fait mon quatre heure ou quoi que ce soit, il y a un fossé que je ne franchirai pas.

Le temps passant, je commençai progressivement à discuter avec Christophe. Etudiant en école de commerce, il terminait son stage ; il pratique le rugby en assez haut niveau, aime le foot, est parti en vacances en Corse avec un pote où il a fait la fête comme un déluré avec de jolies filles... et il a beaucoup d'humour. Un mec sympa en somme, une rencontre intéressante, et on aime bien se croiser parce qu'on rigole toujours un peu comme des andouilles. Pas tout à fait dupe de qui il est réellement mais craintif de me fourvoyer je reste neutre sur le sujet, sans avancer quoi que ce soit à mon propos, ni chercher à en savoir d'avantage sur lui.
Une fin d'après midi que nous discutions, il me demandait si je sortais un peu, ce à quoi j'avais opiné qu'il m'arrivait d'aller prendre des pots avec quelques amis. Quand , le visage illuminé par son sourire, il a un peu insisté pour savoir plus précisément où, j'ai préféré laisser la porte ouverte à l'ambiguïté : "Je pense que tu préfères ne pas savoir".

La semaine passée, Christophe me dit qu'il a trouvé du taff à Paris et qu'il monte dans 15 jours pour s'installer. Je lui demande s'il a trouvé de quoi se loger, ce à qui il rétorque qu'il a un pote qui habite dans le 4° arrondissement et qu'il logera chez lui :
- " Ha...le 4° ...? dis-je. C'est le Marais !
- Le Marais ?
- Ben c'est le quartier Gay... C'est sympa !
- Et t'en penses quoi ? C'est bien ? demande-t-il
- Ben ça va, c'est cosmopolite, très sympa, ça bouge bien. Enfin, après il faut aimer quoi...
- Ha... oué... - retorqua-t-il avec une sorte de dépit dans la voix - Ben en tout cas, si tu montes sur Paris, fais moi signe !
- Ha bé ok ! Je note, ce sera avec plaisir."
Hier soir, j'ai croisé Christophe pour la dernière fois à la salle. On a rigolé, on s'est vanné un peu plus que d'habitude. Il était de bonne humeur. Avant de se dire au-revoir je lui ai suggéré qu'on reste en contact via Facebook, ce qu'il a fait dans l'instant en me lançant une invitation avec son Iphone, invitation que je me suis empressé d'accepter ce matin en allumant mon ordinateur.
En navigant un peu sur son profil, le voile se lève sur Christophe. Des photos, de lui, de ses amis... et une ribambelle de portraits de sa frimousse avec celle d'un tout aussi charmant garçon. Un peu plus loin je lis que ce jeune homme s'appelle Damien* et découvre qu'il est en couple avec Christophe...

Je ne sais pas trop pourquoi je raconte tout ça. La vérité sur la nature de Christophe n'est au fond pas si importante, je n'ai jamais eu de vues sur lui. Nous nous entendions bien, il est de composition et de compagnie agréables, et c'est déjà beaucoup.
Peut-être faut-il y voir une sorte de fable moderne : celle de l'impossibilité de parler de certaines choses librement, sans peur ni honte...

*  Les noms ont été changés.


vendredi 16 octobre 2009

Impressions automnales

Le ciel rougeoyant du matin
Quelques étoiles brillent encore dans l'outremer
Les feuilles noires des arbres immobiles dans la morsure des premiers froids
L'odeur réconfortante du café envahit la cuisine
Il coule dans ma gorge en filets brûlants
J'ai besoin d'être réchauffé
Envies charnelles, envies gourmandes
De chocolat chaud et de câlins sous la couette
Il fait si froid dehors
Dans ma tête défilent des harmonies savoureuses
Le Destin m'appartient
Tandis que des mains frigorifiées guident mon destrier de métal
Vers de nouvelles aventures

Un matin presque ordinaire.

vendredi 9 octobre 2009

A votre avis ?

Deux vidéos, l'une est vraie, l'autre pas...

Vidéo 1 : Campagne contre le mariage gay aux States : There's a storm gathering



Vidéo 2 : Toujours aux States, une campagne contre le tabagisme : It's gay to smoke

           


A votre avis, laquelle est vraie ?

jeudi 8 octobre 2009

District9

Des martiens rebaptisés "crevettes" en raison de leur ressemblance aux dites, tombés en rade au milieu de presque nulle part et entassés dans un vaste bidonville, fondus de  bouffe pour chat, et dotés d'armes ultra performantes inutilisables par les humains.
Une organisation humanitaire supposée leur venir en aide et organiser leur déplacement vers un mouroir plus propre. A moins que...?

Quelques jolies allusions à des films cultes : un fragment de La Mouche par ici, des rappels de Starship Troopers par là, une subtile pincée de Men In Black, beaucoup d'audace et d'ingéniosité, sur un arrière plan pseudo-réaliste bien ficelé qui nous renvoie cruellement face aux événements les moins glorieux de notre Histoire, voire de l'actualité la plus brulante. Une esthétique plutôt aboutie, du rythme, de l'action, du suspens et pas mal d'hémoglobine (tant humaine que E.T.). Des gentils (heu... si quand même, on peu en trouver, disons 2 & 1/2) et des méchants (alors là, plein !)...

Mais aussi une salve de messages de fond qu'on nous balance en pleine poire sans concession : nous sommes le pire ennemi de ce que nous voulons protéger. Les parallèles sont faciles ; j'ai les miens et vous laisse vous forger les vôtres. Pourtant, aussi étrange que cela paraisse, au delà du thème central de l'exil forcé de ces créatures maltraitées, je n'ai pu m'empêcher de faire une lecture écologique de District9 : cette planète que nous tentons de sauver, dont nous essayons de réparer les boursoufflures chaque jour plus enflées, mais dont le destin reste scellé par des intérêts obscurs, contradictoires, égoïstes, lucratifs. Le salut ne viendra pas de l'humanité, bien trop cupide. C'est peut être idiot, peut être pas. Le réalisateur nous propose un regard noir sur l'humanitaire qui ne le serait qu'en surface ; il suffit de gratter un peu pour que surgisse noirceur, laideur et concupiscence. Tels sont les hommes... Tels sommes nous.
J'aimerais bien savoir ce qu'il est passé par la tête de la crevette à la toute fin du film : "vengeance" ? "oublions vite" ? "planète de tarés" ?

1h50.
Une méchante claque.

Voir aussi QueerAsF, Matoo

samedi 3 octobre 2009

Quand le fric s'invite au Lycée...

La nouvelle m'avait fait bondir aussi brutalement qu'il est possible quand on est encore à moitié endormi au saut du lit, devant sa tasse de café brûlant, les yeux encore remplis de vase. C'était hier matin lors de la revue de presse de Bruno Devic et je la retrouve plus amplement déployée dans le quotidien Libération qui titre "Des élèves payés pour venir au Lycée"... Oui oui, vous avez bien lu, c'est la dernière idée totalement géniale du Haut commissaire à la Jeunesse qui va être expérimentée dans trois lycées de l'académie de Créteil pour lutter contre le fléau de l'absentéisme (Educator en raconte un exemple assez drôle dans l'un de ses billets) qui menace dangereusement le peuplement des salles de classe. Désormais, chaque fois que les élèves ne seront pas absents, "chkling !" le pognon tombera dans une cagnotte commune que la classe se partagera à la fin de l'année en réalisant - je cite Libé - "un projet commun décidé en concertation entre les élèves et l’équipe éducative". Si la marmaille est bien sage, le pot pourra atteindre la somme de 10.000 € ... hé oui ma chère Simone. La belle affaire. On se croirait presque dans une émission télévisée !

"Faut-il payer les élèves pour qu'ils aillent à l'école ?" se demandait Bruno Duvic dans sa chronique d'hier matin.
Permettez-moi juste de reformuler la question : faut-il payer les élèves pour qu'ils fassent ce qu'il est normal que l'on attende d'eux ?

Remettons quelques instants le boeuf devant la charrue (je vous assure que c'est possible) : est-il normal qu'un lycéen sèche les cours au lycée ? Est-il normal qu'un Lycéen insulte ses profs et ses camarades ? Est-il normal qu'un Lycéen dégrade son établissement ? Est-il normal qu'un Lycéen mette un point d'honneur à ne pas travailler du tout ? Est-il normal qu'un lycéen apporte une arme avec lui pour allez en cours ? Est-il normal qu'un Lycéen deale avec ses camarades ? Si vous avez répondu "oui" à l'une quelconque de ces questions, alors passez votre chemin, ces lignes ne sont pas écrites pour vous... Quoique, peut être que si justement...

Je suis profondément choqué par ce genre de mesure totalement infantilisante. Autrefois - et il y a de cela encore pas si longtemps, l'auteur de ces lignes qui n'est pas Mathusalem en conserve quelques souvenirs personnels - on distribuait des bons points aux élèves méritants, une image, un bonbon... un petit pas grand chose dont la valeur gratifiante était pourtant immense car remise des mains de celui qui représentait l'autorité, l'ordre et le savoir, qu'il fut craint ou vénéré : le professeur.

Notre société se plaint de la force de l'argent, du fric, du bling-bling, tout n'est que pognon. L'homme est devenu un produit de consommation courante que les grandes compagnies dévorent à coup de carte bleue, de paiement en trois fois sans frais, de crédit revolving, de braderies et de super-promos. La guerre des marques fait rage dans les cours de récré, qui n'a pas une Roleske à 50 ans a raté sa vie, celui qui n'a pas d'écran plasma est pauvre...
Aujourd'hui pour réussir, nul besoin d'avoir son bac : il suffit d'avoir de l'argent. Rien de plus facile : tortillez du cul à poil devant une caméra de Loft Connerie, chantez comme une casserole au casting d'une émission télévisée pour starlette préformatée, postez une vidéo de vous en train de faire l'andouille sur Youtioube ou Dailymocheun pour susciter un buzz et hop, vous faites le tour des plateaux télé, engrangeant si vous êtes un peu malin assez d'oseille pour vous la couler douce de nombreuses années durant, si ce n'est pour le restant de vos jours. Je vous épargnerai les salaires mirobolants de certains sportifs professionnels qui gagnent trois fois le PIB de l'Ethiopie par an, sans compter le complément sous forme de la vague de fond tsunamiesque dont les partenaires publicitaires les arrosent.

Redorer le blason de l'Education Nationale, redonner le goût à nos chères têtes blondes de faire des études, d'avoir un métier, de réussir une vie dont ils sont maître car construite de leurs propres mains, à la sueur de leurs neurones. Voilà le défi. Ce n'est pas une mesure de saupoudrage - art dans lequel notre Gouvernement est passé maître incontesté - qui réussira le challenge d'une profonde mutation du système scolaire, cet autre Mammouth qui contribue à faire ressembler notre pays à un musée paléontologique !

Est-ce en plongeant l'école dans un bain de boue visqueuse dont elle ne se relèvera pas que l'on redonnera le goût des études aux plus jeunes ? Faut-il jouer le jeu du consumérisme que l'on dénonce toutes griffes dehors pour tenter de regagner un semblant d'enthousiasme ? Le jour où ces mêmes élèves changeront d'établissement pour une raison ou une autre et qu'on leur dira : "Ha bé non, il est hors de question qu'on vous verse 1 centime !", peut on raisonnablement croire, une fois la juteuse carotte volatilisée, que leur "intérêt" en sortira indemne ? Sans parler du jour où, par mesure d'économie budgétaire, les vannes seront purement et simplement coupées... Tous dans la rue ? Car quoiqu'ayant fouiné un peu partout, pas une ligne sur le mode de financement de cette cagnotte.

Mais, et puisque l'on en vient à délirer jusqu'au point de payer les ados pour qu'ils aillent au bahut, pourquoi ne pas récompenser par un petit chèque les automobilistes qui ne commettent pas d'infraction au Code de la route ? Allez, tu n'as pas grillé de feu rouge ce mois-ci : voilà 30 €. Ho, mais tu n'as pas causé d'accident mortel cette année : 100 € pour toi. Tu as bien mis ta ceinture de sécurité ainsi que tes passagers : 20 €... On pourrait aussi, c'est d'actualité, récompenser les délinquants sexuels chaque fois qu'ils s'abstiennent d'écharper une innocente victime. Combien pour un non-abus-sexuel-sur-mineur-de-treize-ans ? Combien pour un non-homicide-volontaire-avec-acte-de-barbarie ?

A force de marcher sur la tête on va finir par croire qu'il faut se coiffer avec une chaussure.
Peut être. Uniquement si elle sont griffées...

"Mais une fois que vous vous êtes ainsi loyalement enfermé dans l'humaine et sûre région de la morale usuelle, que vous demande-t-on ? Des discours ? des dissertations savantes ? de brillants exposés ? un docte enseignement ? Non, la famille et la société vous demandent de les aider à bien élever leurs enfants, à en faire des honnêtes gens. C'est dire qu'elles attendent de vous non des paroles, mais des actes, non pas un enseignement de plus à inscrire au programme, mais un service tout pratique que vous pouvez rendre au pays plutôt comme homme que comme professeur."

Lettre aux instituteurs
Jules Ferry - Quintidi, 25 Brumaire, An XCII (17 novembre 1883)


Comment-ça je suis un vieux thésard aigri ?
 
smileys Panneaux

lundi 28 septembre 2009

Spécialité culinaire injustement méconnue n°2 : le haricot de Soissons

Pour bien débuter la semaine, je vous propose aujourd'hui une nouvelle escapade sur les sentiers escarpés des spécialité gastronomiques injustement méconnues. Après vous avoir présenté en direct live depuis Séville les fameuses "Yemas" dites "de la muerte" en juillet dernier, c'est à présent de retour d’une semaine passée chez chérinou au pays du vase cassé que je vais vous parler d'un mets hexagonal dont l'origine remonte aux premiers âges de l'humanité : le haricot de Soissons. 

Selon toute vraisemblance vous n'en aviez comme moi jamais entendu parler jusqu'à ce jour. Quoi de plus banal en effet qu'un haricot ? Ceci d'autant plus que d'autres villes ont elles aussi gagné leurs galons en matière de phaseolus : Tarbes et son fameux haricot Tarbais, Toulouse Carcassonne et Castelnaudary pour leur accommodement du fameux sous la forme du non moins flatulent cassoulet, sans oublier la garbure, le chili aux haricots rouges et autre purée de haricots qui honorent nos belles régions et la diversité de nos terroirs. Il faudra désormais  faire mémoire de Soissons et de son illustre haricot.

Pourtant, lorsque l’on possède un tout petit peu de recul sur ce mets injustement méconnu, l’on ne peut que s’interroger. Qu'avait donc besoin cette bourgade, dont chaque pierre respire l'Histoire de France, celle que l’on apprend dans les livres, de s'enticher d'un féculent pétaradant ? N'était-ce pas assez d'honneurs que de faire partie du berceau d’une Nation que l’on a vu naître, croître et saigner ?  N'était-ce pas déjà assez de grandeur que d'avoir accueilli Clovis, lequel s'est illustré par une sombre histoire de vase dont les esclandres éclaboussent encore nos têtes blondes sur les rangs des écoles ? N'étais-ce pas assez de gloire que  d'avoir accueilli Jeanne la Pucelle de Domrémy alors qu'elle s'en aller botter les fesses à des roastbeafs pas assez pressés de rentrer chez eux ? Ne s’était elle pas suffisamment repentie de cet orgueil et assez souffert des bombardements dévastateurs de la seconde guerre mondiale dont elle porte encore aujourd'hui les lourds stigmates ? C'est à croire que non... Sûrement un tendance inconsciente au sadomasochisme la pousse vers sa perte, trop d’identité détruit l’identité.

Qu'est-ce qui distingue un haricot de Soissons de l'un quelconque de ses confrères ? A priori rien. Sous sa forme déshydratée, paré d’une couleur blanchâtre laiteuse plus ou moins brillante il a l'air d'un haricot sec banal, peut être vaguement plus gros que les autres, et encore ce n'est pas forcément flagrant. Rien d’extraordinaire me direz-vous. Certes. La différence d'avec ses congénères se décèle en revanche lorsqu'il s'agit de les faire tremper afin que, réhydratés, on puisse les faire cuire.


Mettons nous, si vous le voulez bien, en situation : vous avez décidé de préparer un plat de haricot de Soissons pour le dîner. Très naïvement - et vous n'en seriez pas blâmable - vous pensez faire baigner le contenu d'un verre de haricots dans un simple saladier, recouverts d'eau fraîche, et ceci durant une journée, puis de les faire cuire le soir pendant une bonne heure à petit feu, une fois rentré d’une longue journée de travail. La routine en somme. Erreur, Erreur, Erreur...
Reprenons à zéro.

Erreur de récipient tout d'abord. Un simple saladier ne conviendra pas pour faire tremper les petits berlingots ivoires. Trop petit un saladier. Si vous vivez en cité universitaire oubliez aussi... Sachez que le haricot de Soissons ne s'hydrate pas dans un saladier mais au minimum dans une baignoire. Un spa serait idéal, mais tout le monde n’en est pas doté.
Cette première erreur est en réalité double. Car, c'est la seconde erreur, le haricot de Soissons une fois repris sa forme originelle ne contiendra pas dans votre saladier... A la rigueur dans votre baignoire. Si vous n’en mettez pas trop à tremper à la fois.

Erreur de quantité ensuite, car un seul haricot sec suffira à remplir votre baignoire une fois remis en état. Attention, prenez vos précautions avant ; ne dites pas qu’on ne vous a pas prévenus ! Notez au passage que le nombre figurant sur les sachets de haricots vendus en magasins indique non pas un nombre de personnes, mais un nombre de semaines, c’est à dire le nombre de semaine qu’il vous faudra pour consommer l’intégralité du sachet, à raison de 2 repas de 4 personnes adultes par jour. Ayez à l’esprit que l’OMS préconise 1 seul haricot pour 6 personnes et par jour, à condition que vous ne fassiez rien d'autre à coté. Doublez si vous prévoyez une entrée…

Erreur de temps ensuite. Si vous pensez mettre vos haricots votre haricot le matin pour le déguster le soir, oubliez, vous n'aurez pas le temps.
Car le haricot de Soisson trempe au moins une semaine,  non seulement eu égard à ses proportions pour le moins inhabituelles, mais aussi en raison de sa dureté proche de celle du diamant... L'armée s'en sert d'ailleurs pour poncer la coque des porte-avions avant de les repeindre, et la DDE comme élément d'enrobage pour goudronner les autoroutes. Utilisés en peinture, ils renforcent efficacement le blindage des chars… Au passage, et pour l’anecdote historique, des fouilles archéologiques menées sur les fondations de la Cathédrale de Soissons lors de sa reconstruction dans les années 1950, a révélé que les fondations de l'édifice n'étaient pas en pierres comme on le pensait jusqu’alors, mais en une sorte de ciment naturel fait à base de purée de haricots de Soissons, mêlée à du sable ; purée dont les bâtisseurs se sont également servi comme liant pour jointer les pierres de la voûte. Cette découverte saisissante a fait vivement réagir la communauté archéologique internationale et les égyptologues en particulier dont certains ont émis une hypothèse toute similaire à propos de la construction des pyramides d’Egypte… mais c’est un autre débat.

Etape fondamentale dans la préparation du haricot de Soissons : la cuisson.
Vous voici prêts : votre haricot est à présent gorgé d’eau, tout disposé à se laisser cuire dans une gamelle de dimensions appropriées (on vous aura prévenus…). Là encore vous vous serez fourvoyé en pensant raisonnablement venir à bout de la cuisson de l’intrépide Soissonais en une seule soirée de mijotage. Que nenni… le temps de cuisson du haricot de Soissons est de 1 jour par centaine de gramme, dans 25 fois son volume d’eau. Faites donc le calcul ! Vous comprenez maintenant pourquoi on trouve également le même produit vendu en tranches au rayon bricolage. Vous pouvez également trancher vous-même votre haricot avec une meuleuse de chantier munie d’un disque matériaux en titane trempé. Un marteau et un burin peuvent éventuellement faire l’affaire.

Passons maintenant à la dernière étape : la dégustation.
Après s’être donné autant de mal à le préparer ce fichu haricot, est-ce qu’au moins ça en valait la chandelle ? Après avoir mené personnellement l'enquète, hé bien… comment dire … ? Si vous faites abstraction de sa peau épaisse et de sa chair dont la texture reste très farineuse même après des semaines de cuisson, et que vous avez utilisé une bonne dose d’aromates pour donner du goût à votre préparation, l’ensemble n’est pas trop mauvais. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est bon, n’exagérons rien. Mais dire que c’est mauvais, non, franchement. Enfin, tout est affaire de subjectivité ! Toujours est-il que le label AOC ne fut attribué au haricot de Soissons que durant une très courte période, quelques années seulement. Hé oui, les appellations, même AOC, ont un droit de repentir…

En suivant ces quelques conseils, vous parviendrez sans nul doute à préparer de délicieux haricots de Soissons qui régaleront les petits comme les grands, et raviront vos amis. Ou pas…

Et bon appétit bien sûr ! Vous en aurez besoin…

Photos by Chérinou

mercredi 23 septembre 2009

Paracuellos - Carlos Gimenez

Je ne sais plus exactement quelles furent les circonstances de ma première rencontre avec l'oeuvre de Carlos Gimenez, mais il me semble bien que ce fut dans un manuel d'espagnol de première ou terminale. L'histoire d'un garçon d'une dizaine d'années dont le pied est mutilé par une énorme et douloureuse ampoule et à qui l'infirmière du pensionnat donne une médaille miraculeuse en lieu et place de tout remède : "prie là tous les soirs et le bon Dieu te guérira peut être". Et son salut ne vint pas du haut du ciel mais du bout de l'aiguille dont était munie la babiole, grâce à laquelle il put percer la cloque purulente et soulager ses souffrances. Le lendemain l'infirmière, qui avait refusé de prodiguer tout autre soin qu'une lotion à base d'iode, de s'émerveiller des bienfaits de la foi. Une histoire pas très drôle, subtilement douce-amère... Je venais sans le savoir de faire connaissance avec une des nombreuses historiettes de Paracuellos et son talentueux auteur, Carlos Gimenez, que j'allais retrouver peu de temps après dans quelques numéros de Fluide Glacial.

De passage à Seville cet été, j'avais donc ramené dans mes valises l'intégrale de Paracuellos - en édition originale espagnole, la grande classe - parue il y a peu en un copieux volume unique intitulé sobrement "Todo Paracuellos".

Paracuellos nous replonge en plein coeur de l'Espagne de Franco, vue par les yeux de mômes encore en pleine enfance, placés par leurs parents dans des sortes de pensionnats d'Etat, à la solde de l'idéal nationaliste ambiant, d'une religion toute puissante et d'éducateurs à l'humanité toute relative. Et pourtant, il faut s'y faire : personne ne viendra les sortir de là... Orphelins pour les uns, recueillis par un oncle ou une tante qui les a abandonné dans ces foyers sociaux, ou mal-né dans une famille trop nombreuse pour une bourse trop maigre qu'un père fatigué ne réussit plus à nourrir, il faut faire contre mauvaise fortune bonne figure et trouver des raisons d'espérer. Aussi des relations d'amitié se nouent, la solidarité est érigée en valeur fondamentale, l'entraide, se serrer les coudes, face à des adultes devenus fous. Pour ne pas sombrer dans la folie ou la violence, certains trouvent refuge dans la bande dessinée qui semble être la seule ouverture vers un ailleurs plus agréable, porte ouverte à l'imaginaire, au rêve... On lit (pas des romans : ils sont formellement interdits !) des BD, on en dessine, on se prend au jeu d'être acteur, conteur... Assez souvent ça castagne sec, mais l'on rigole aussi pour ne pas pleurer d'avantage.

Profondément inspirée par l'enfance de l'auteur, Paracuellos n'est pas une simple bande dessinée partiellement autobiographique. Dans une interview que j'ai lue je ne sais plus trop où, Carlos Gimenez confie en effet que si tout ce qu'il raconte dans Paracuellos ne lui est pas arrivé personnellement, tout en revanche est authentique... Et il y a de quoi frémir !Au rang des personnages, nombreux,  voici Pablo le gentil, Zorilla la peste brutale, Botas le bagarreur, les insupportables frères Piranas, Cagapoco surnommé ainsi à cause de sa constipation chronique qui lui vaudra bien des déconvenues, Antonio (peut-être une allusion directe à José-Antonio Primo de Rivera,  ?) le phalange corrompu et violent, arborant fièrement sur son ceinturon de métal le symbole de son allégeance au Caudillo de Espana "por la gracia de Dios", les institutrices aigres et méchantes, convaincues par des théories pédagogiques sorties d'un autre temps, humiliantes et avilissantes, les curés et les nonnes féroces, dont le cruel Padre Rodriguez.
Rien n'est épargné à ces pauvres gamins : les privations de nourriture, la sieste en plein soleil l'été toute l'après midi pour favoriser la digestion, les heures de flexions imposées à ceux qui s'amusent dans les rangs, les kilomètres de baffes, coups de savates, sans parler des chatiments corporels d'une cruauté abominable parfois à la limite de la barbarie (je vous laisse découvrir par vous même quel châtiment inommable germe dans l'esprit démoniaque de la directrice pour soigner les pisse-au-lit), les interminables prières du Rosaire dont chaque journée est parsemée, et les tant attendues visites dominicales par les parents, du moins pour ceux qui ont la chance d'en avoir...

Quoique régulièrement assez drôle, ne vous attendez pas à éclater de rire à chaque page, il s'en faut parfois de beaucoup. L'humour de Gimenez est souvent grinçant, mettant le lecteur mal à l'aise face à des situations de détresse que l'on a peine à croire réelles. La première partie est même particulièrement dure lorsque l'on réalise qu'il n'y a là aucune fantaisie, sinon la relation de faits réels. Et l'on comprend mieux pourquoi aujourd'hui une frange de la population espagnole née à cette époque cherche à tout prix à renier la religion par les griffes de laquelle tant de brimades leur ont été infligées. Je vous invite à aller faire un tour sur le site d'Arte qui y consacre un petit reportage, ainsi que sur celui du Nouvel Obs dans lequel j'avais lu les premières informations à ce sujet.

Tout le talent de Carlos Gimenez, véritable héros national outre-Pyrénées, est de parvenir à nous retranscrire cette atmosphère pesante ponctuée de rires et de larmes, de chants religieux et  d'hymnes patriotiques, sur une toile de fond d'enfance insouciante qui, devenue adulte, fera table rase de cette Espagne dont elle ne veut plus, dont elle ne peut plus, pas si lointaine de nous, et dont la génération de nos parents et grands parents porte encore les stigmates. L'humour, politesse du désespoir... mais aussi "l'enfant de nos haines" affirmait Jacques Prevert. Paracuellos en est certainement une des plus brillantes illustrations.

samedi 19 septembre 2009

Pensée du jour

A méditer :
"Une chose qui me désole encore, c'est le prodigieux commerce de lettres que Voltaire entretient avec des gens qui ne désirent ses lettres que pour les aller lire dans les cafés. Je sais que, quand on a reçu une lettre de lui, on n'a rien de plus pressé que de l'aller lire à tout ceux qui veulent l'entendre, et il est bien difficile d'écrire toujours des choses faites pour le public. Il écrit trop, et ses lettres lui font tort ; il y a toujours à perdre à les prodiguer, et de toutes les façons de se prodiguer, celle des lettres est la plus dangereuse : Verba volant, scripta manent."

Mme du Chatelet.

vendredi 18 septembre 2009

Blagounette du vendredi

Gentillette, vous pourrez même la raconter au bureau...

La maîtresse demande à ses élèves de faire une phrase avec "et pourtant".
 - " Vas-y Pascal :
- Hier, j'ai été à la pêche avec mon papa et pourtant il pleuvait !
 La maîtresse:
-Oui, ce n'est pas trop mal. A toi Isabelle.
- Le chat a attrapé une souris et pourtant elle courait vite !
La maîtresse:
- Voilà, c'est très bien. A toi Lionel.
Lionel réfléchit un instant et se lance:
- Les filles mouillent entre les jambes et pourtant elles ne rouillent pas !
 La maîtresse très mécontente, après avoir repris ses esprits :
- Mais enfin Lionel ! Tu me copieras 100 fois "Je ne raconte pas de grossièreté en classe" pour demain et tu prépareras une phrase correcte avec et pourtant."
 Le lendemain, Lionel remet sa punition à la maîtresse.
 - " J'espère que tu as compris. Vas-y, dis-nous ta nouvelle phrase.
Lionel :
- La terre est ronde (la maîtresse se dit : pour l'instant ça commence bien...) et pourtant... ça baise dans tous les coins ! "

Sacré Lionel...

Allez, demain c'est samedi smileys Forum

jeudi 17 septembre 2009

Comment faire un café dégueulasse ?

Depuis la semaine dernière le labo où je bosse s'est doté - par les grâces d'une âme charitable - d'une machine extraordinaire qui révolutionne la vie du thésard tout autant que le réfrigérateur a révolutionné la vie des ménagères dans les années 50 : une cafetière. Pas une toute belle expresso qui fait aussi des cappuccinos, pas non plus cet abject ersatz qui fonctionne avec des sachets en papier préremplis, non. Une toute simple à filtre papier qu'on met son café moulu dedans et qu'on remplit le réservoir d'eau, qu'elle fait glouglou avec de la vapeur qui sort et fait un bruit de paille qui aspire au fond d'un gobelet vide lorsque la réserve d'eau est tarie. Simple, efficace... miraculeux. Ou presque.

Car ce n'est pas le tout d'avoir une cafetière rutilante ; encore faut-il que le breuvage qui en sorte ressemblât à quelque chose de supportable par le corps humain.

Vous voulez rater votre café ? Suivez l'exemple de Tambour Major, éprouvé à l'instant même.

Pour faire un bon café bien dégueulasse :
1/ Remplissez le réservoir d'eau pour environ 4 tasses.
2/ Sortez du fond du frigo (oui, on a un frigo aussi ici... et même un placard qui nécessiterait une licence IV), sortez du frigo donc, un paquet de café entamé depuis environ 6 mois.
3/ Remplissez le filtre à vue de nez. Sachant que la cafetière est une 12 tasses, que vous avez mis de l'eau pour 4, quelle hauteur de poudre cela représente-t-il ? (vous avez 3 heures)
4/ Mettez en route et laissez-vous bercer par l'odeur qui envahit vos narines.
5/ Servez dégustez  recrachez tout vomissez jetez tout à la poubelle !
5bis / Brossez-vous vite les dents avant qu'elles ne se déchaussent pour de bon.
6/ Voir étape n°1...

Finalement c'est pas si mal le café à 40 centimes dans le couloir...

mardi 15 septembre 2009

Copinage

Gauthier au pays de Mylèèèèèèèèèèèèèèène... c'est assez rigolo, surtout si comme lui on ne fait pas partie des fans prêts à s'ouvrir les veines.

Le Chef en plein expérience politique ou comment dresser une horde de sauvageons.

dimanche 13 septembre 2009

Rectolingothérapie

En rangeant mon bureau et en classant des papiers qui attendaient de l'être depuis trop longtemps, j'ai retrouvé une pub, précieusement conservée, dénichée je ne sais plus où voici plusieurs années. Il est fortement probable que ce soit un fake, mais ça me fait toujours autant rire...

Certains se sentiront peut être une vocation de rectolingothérapeute... Qui sait ?

vendredi 11 septembre 2009

Conditions de travail

Envoyé par Bruno qui s'y connait en conditions de travail difficiles...


Allez, on s'y remet, haut les coeurs !