vendredi 20 novembre 2009

Gazon Maudit

J'aurais voulu écrire d'une plume cinglante
Empruntée à Du Bellay, Hugo ou Verlaine,
Quelques vers choisis d'une verve triomphante,
Déclamer brillamment le propos de ma haine

Brandir très haut l'étendard de ma révolte
Par dessus les têtes nues de ces voix éteintes.
Voici le fruit mûr, voici venue la récolte
Je vous livre abrupte ma colère non feinte.

Comédie bouffonne gangrenée par le fric
Où parade la gaudriole des starlettes
Inspirées de Rome, ses gladiateurs, son cirque

Mon aversion fielleuse n’a que trop duré !
Tête haute, les deux mains dressées vers le ciel 
Monte ma clameur vengeresse : Foot je te hais !

mardi 17 novembre 2009

Digressions métaphysiques

Il y a un peu plus d'un an, je discutais avec un ami hétéro peu conscient de ce qu'implique l'homosexualité et la vie qui marche de pair avec elle.
Au détour d'une phrase de notre conversation qui tournait autour du fait que je sois gay - l'ayant appris peu de temps auparavant, il avait quelque difficulté à l’admettre - j'eus la stupéfaction de l'entendre me demander, incrédule :
- Mais...? Pour toi, c'est définitif ?
- Hein ?
- T'auras jamais de petite amie ?  T'auras jamais d'enfant alors ?
 Autant vous dire que ces deux questions assénées coup sur coup furent en moi comme deux coups de fusil, dont les détonations cinglantes m'éclaboussaient le visage d'une âpre et cruelle réalité dont je m'efforce encore aujourd'hui de m'abstraire.
L'évidence est pourtant sous mes yeux.
Non, jamais je ne me marierai avec une fille bien au teint de lait et dont l'opulente chevelure brune dévalera les épaules en cascades sauvages.
Non, jamais je ne verrai grandir des enfants dont je serai fier, qui me causeraient tout autant de tracas qu'ils me procureraient de bonheurs indicibles.
Jamais je ne comprendrai les affres de l'enfance dont la plupart de mes amis éprouvent en ce moment les joies. Jamais je ne me réveillerai la nuit en pleine angoisse par ce qu'il m'a semblé entendre des pleurs dans la chambre d'à coté. Jamais je n'aurai droit à un vilain cendrier en pâte à sel pour la fête des pères, ni ne mentirai sur l'existence du père noël, ni ne me réjouirait de les voir grandir tandis qu’ils observeraient mon visage se strier des rides ingrates du temps qui passe.
Alors que beaucoup de mes amis sont engagés dans la construction d'une vie familiale qui les détache de certaines contingences désormais obsolètes, je reste à quai, dans l'immobilité et la stagnation d'une existence monocorde. Ce sont aujourd’hui des petits rien qui imperceptiblement pourtant nous séparent progressivement, nous éloignent, insensiblement, mais sûrement.
Ma vie ne sera jamais comme la leur. Jamais.

Tout au plus connaîtrai-je un charmant garçon et que nous ferons un bout de chemin ensemble, construisant notre vie autour de projets communs à défaut de famille à choyer. Nous resterons ensemble le temps nécessaire à ce que nous nous lassions l’un de l’autre ou que l’un d’entre nous commette une erreur fatidique à la survie de notre couple. Combien de temps cet Âge d’Or durera-t-il ? Six mois ? Un an ? Deux ? Douze ? Le chaotisme des couples Gays, dont je ne m'exclue pas, ne me donne guère envie de m'engager dans quoi que ce soit pour le moment ; la peur de la désillusion est trop prégnante. Les soubresauts du Destin l’ont encore prouvé récemment avec éclat.
Tout plus suis-je enclin à profiter de la vie et de tout ce qu’elle offre en beautés, plaisirs et jouissances, de vivre chaque instant, entouré de mes amis dont certains me sont plus que chers. Faire des projets, rêver, me fixer des objectifs, donner un sens à ma vie.
Vivre heureux.
Mais immodérément seul.

Car quoi que l’on fasse, on est toujours seul. On a beau être entouré de très bons amis que l’on aime intensément, dont on éprouve le besoin vital de voir régulièrement, avec qui l’on s’enivre, avec qui l’on ri, avec qui l’on pleure, avec qui l’on traverse la moitié du monde... rien n’y fait, rien n’y changera jamais. On est toujours ontologiquement seul.
On aura beau s’extasier par la contemplation d’un beau paysage nous procurant milles émotions bouleversantes, jamais deux personnes côte à côte ne ressentiront exactement la même chose. Parce que chacun est unique, de par son passé, de par son histoire, par le fait que les souvenirs particuliers que le bruissement du vent dans les feuilles ramène à notre conscience nous sont propres, parce que les larmes intérieures que suscite une phrase musicale d’une beauté déchirante chez l’un, entraînera un autre sur des sentiers différents.
Il paraît que rien ne dure, que c’est le propre de la Vie, l'éphémère.

Plutôt que d’en pleurer et de m’apitoyer, je prends le parti d’Epicure : profiter, de tout, éventuellement jusqu’à l’ivresse, pour que, à l’heure où les Vestales décideront arbitrairement de couper le fil de mon existence, je puisse me retourner et contempler le vaniteux monticule de mes souvenirs, dont bientôt il ne restera rien.
Ne rien laisser derrière soi… disparaître dans l’oubli et l’indifférence.

Et n’être plus rien.
Pour personne.


The show must go on...
Inside my heart is breaking !
My make-up may be flaking...
But my smile, still, stays on ! 


Accessoirement, ce billet est le 100ème publié sur ce blog.
J'eus préféré que le ton en fût plus léger. Mais la vie est ainsi faite.

samedi 14 novembre 2009

Le joli petit serveur de midi

Un vendredi ordinaire de novembre,
Gris et froid sur la Ville Rose.
Une idée de restaurant sympathique en charmante compagnie.

Un joli petit serveur qui passe et repasse,
Poli et courtois,
Aussi alléchant que le menu du jour.
Doté de belles mains charnues et cuivrées,
Il a fière allure dans son pantalon noir à pinces,
Et son impeccable chemise aux manches soigneusement retroussées,
Laissant transparaitre à l'oeil averti les prémices d'une carrure honorablement charpentée.
Envie de consommer sans modération
Tandis qu'il débarrasse les vestiges de notre repas.
J'aime à croiser son regard,
Son visage,
Cherchant dans ses yeux une expression qui n'y figure pas.

Un peu de retenue tout de même : on nous regarde.

14 heures,
Nous partons.
"Au revoir" nous lance la patronne.
"Au revoir"...

Au revoir...

Nous marchons dans l'air frais.
Dans ma tête bouillonante,
Des réminiscences de pantalon à pinces
Et de chemise blanche aux manches retroussées

Joli petit serveur de midi,
Si un soir de perdition
Dans les entrailles des nuits Toulousaines
Je te croise,
Je t'attrape,
Et te mords.

Et personne alors pour me retenir...

Si un soir je te croise
"Si" ...

Une journée (presque) ordinaire,
Rêveries pathétiques d'un mec (presque) quelconque.

vendredi 13 novembre 2009

Le bon goût des choses vraies

Parfois on se demande ce que les responsables marketing ont en tête lorsqu’ils décident de commercialiser un nouveau produit. Certaines nouveautés amusantes laissent tout de même perplexes, même après y avoir goûté.

Tentative de reconstitution :

Nous sommes un mercredi après midi, dans un petit bureau cossu au milieu d’une grande tour de verre. Une demi-douzaine de personnes, les cheveux hirsutes et mâchant frénétiquement la version beta du prochain chewing-gum rillettes/pamplemousse qu’ils vont lancer sur le marché allemand dans trois mois. Quelques gobelets de plastique, une cafetière fumante, un grand tableau blanc barbouillé de graffitis divers.

- ... et à la fin le gros ours prend le petit lapin et il l'encule !

- Mwouahahahaahaha, trop drôle !! (éclat de rire général)

- Bon, les gars, un peu de sérieux là... je vous rappelle que le client nous a chargé de dépoussiérer l’image de produit chocolat blanc. Paul, une idée ?

- Et si on renouvelait la gamme en proposant un nouveau parfum ?

- Ouééééé trop bien !! Mais, heu... quoi ?

- Si on parfumait du chocolat au lait avec du cacao ?

- Non, trop audacieux Christian… le consommateur n’est pas encore prêt… faut pas bouleverser ses habitudes aussi brutalement.

- Et avec des anchois ?

- Oui ! Kristina a raison : le sucré-salé c'est tendance. Anchois ou ventrèche fumée ? La ventrèche c’est plus terroir…

- Hé bien, d’après nos études l’anchois n’a plus la cote sur le public cible. On note une baisse des marges indiciaires de 19% pondérés. Quant à la ventrèche on a déjà proposé un yaourt mûres sauvages / ventrèche qui nous a été refusé… c’est un peu out of mode comme produit.

- Il faut trouver autre chose !!

- Oui, je suis d’accord avec Brice-Marie…il faut trouver autre chose.

- Et si on lançait un chocolat blanc avec des morceaux de Malabar dedans ?

- Hannnnnn…. Du chocolat blanc au Malabar....Comme elle est trop géniale ton idée Martine ! J’over adhère.

- Ha oué, ça envoie du slip ça !

- Excellent Martine ! Je contacte tout de suite le labo pour la phase tests.

- Oué, Paul a raison. On y va ! Ca va être un carnage !

- Ha ha, sacré Martine, c'est vraiment la meilleure !

- Tiens, tu connais celle du poulet à 3 pattes ... ?

Imaginez un peu : le subtil parfum (?) de la vanille de synthèse au glucose du chocolat blanc d’un coté, le délicat goût de la fraise tagada à la saccharose enrichie de l’autre… Hé bien mélangez les deux…Laissez le secteur recherche-développement agir et quelques semaines plus tard dans vos rayons, vous découvrez...  

CA :



Que vous en ayez rêvé ou pas, ils l'ont fait : la série limitée chocolat blanc Poulain, aux éclats de Malabar. Sucré à souhait (525 Kcal / 100g), au goût si subtilement chimique qu’on se demande comment c'est possible...

Et en plus c’est même pas bon ...

Merci à Nadia pour cette découverte aux frontières du réel.

jeudi 12 novembre 2009

In nomine patris…

En septembre dernier j’avais entrepris un chantier Herculéen : réaménager mon bureau. Bien que doté d’une confortable surface de 10 m², le volume disponible est partiellement hypothéqué par un gros biniou électronique à deux claviers et pédalier sur lequel il m’arrive régulièrement de faire mumuse. En outre, une vaste fenêtre et une porte fenêtre donnant sur un balcon réduisent encore l’espace disponible aux murs de sorte que l’agencement rationnel des bibliothèques confine à la prise de tête. Initialement j’avais tout simplement aligné les étagères en blocs monolithiques, pratiques mais inesthétiques et surtout qui donnaient l’impression désagréable d’être écrasé par des colonnes de bouquins. Après avoir passé plusieurs heures à tout déménager, déplacer, re-déplacer, re-bouger et tournicoté les meubles dans tous les sens, j’optais pour une configuration dissymétrique jouant sur les différences de hauteurs, plus harmonieuse. Ne restait plus alors qu’à conférer à ce lieu de travail (sight) une ambiance propice à la concentration. Ce qui fut fait en installant par-ci par-là quelques plantes vertes.

C’est important les plantes vertes. Outre leur aspect strictement décoratif, elles apportent une note de gaieté bienvenue, purifient l’air en absorbant les émanations électro-choses pas bonnes à la santé qui se baladent jusque dans nos poumons et diffusent des trucs vachement bien pour notre équilibre, à ce qu’il paraît. Avec tout ce petit monde qui a envahi mon bureau règne désormais une saine atmosphère empreinte de zénitude, de calmisme, propice à la sérénitude, baigné dans une douce lumière captée par les deux larges fenêtres très sales teintées naturellement et par lesquelles je peux observer l’affreux immeuble voisin les cieux Toulousains. Il va sans dire que le choix – stratégique – de mes six compagnons s’est fait en fonction de critères scientifiques éprouvés par les plus hautes instances du monde moderne : l’indiscutable «  j’aime / j’aime pas ».

Petit délire Tambour Majoresque de la semaine : baptiser mes plantes vertes… Ne me demandez pas pourquoi, toute explication rationnelle serait purement déplacée. Je ne sais pas s’il faut y voir un déviance sexuelle particulière (je vous rassure toute de suite : aucune plante n’a été maltraitée pendant les opérations de baptisation), ou une forme de paternité refoulée sur de modestes végétaux, voire un relent de catholicité mal contenu (non plus : l’eau d’arrosage n’est pas bénite), ou simplement un signe aigu de folie consommée (assez probable). Toujours est-il que ça me fait marrer (c’est grave docteur ?) et que c’est bien là le principal.

Après avoir encore une fois longuement cogité au petit nom qu’aurait chacun de mes résidents et désigné à la lumière de la Science Moderne ­– en gros « j’aime / j’aime pas » – au sein l’éventail pléthorique de possibilités les prénoms dignes de mes nouveaux amis chlorophyllés, laissez moi vous présenter Hysophore le caoutchouc, Eugène le tradescantia, Claudomire le lierre, Elésiphore la plante grasse (erf, je sais plus ce que c’est comme bidule, mais c'est joli et je crois que ça fleurit même...), Cégismond la bouture moribonde en voie de résurrection (il a subi une transplantation sauvage dont il se remet péniblement) et, pour finir, Adaltrude la liane et sa chevelure ondoyante.

Tadaaaaaaam !

Image Hosted by ImageShack.us


Oui, je sais, ma vie est trépidante…

lundi 9 novembre 2009

The Box

Encore une fois je me suis docilement (mais j'étais consentant) laissé traîner au cinéma pour aller voir un film dont j'ignorais (presque) tout si ce n'est que son réalisateur n'était autre que celui à qui l'on doit le désormais culte Donnie Darko - que je n'ai toujours pas vu, mais dont le résumé ainsi que surtout une photo où l'on aperçoit un type en compagnie d'une sorte de lapin géant dans une salle de cinéma, avait interpelé ma curiosité. Les seuls éléments en ma possession concernant The Box m'avaient été donnés par Stéph dans le courant de l'après midi alors que nous synchronisions nos montres :
1/ C'est l'histoire d'un couple qui reçoit une boite avec un gros bouton dessus. S'ils appuient, quelqu'un mourra et ils recevront en contrepartie la somme de 1 million de Dollars.
2/ Le réalisateur teinte régulièrement son propos de surnaturel.

Quoique cela fut un peu maigre pour se forger une opinion raisonnable, nous étions installés dans nos fauteuils (sans porte-gobelet... la loose) pour assister à la séance de 20h20 à l'UGC Wilson, seule salle du centre-ville à diffuser la dernière oeuvre de Richard Kelly.

L'ignorance est souvent coupable ; elle peut néanmoins parfois s'avérer salutaire. En effet, à la sortie (attention, ellipse) j'ai appris que la bande annonce suggérait que le film aurait la trame d'un polar rythmé, bourré d'action, sur un fond de musique haletante. Si telle est l'idée que vous vous faites de The Box, permettez moi de vous détromper tout de suite, car il n'en est strictement rien ! Vous risquez, comme je le suppose une bonne partie de la salle hier soir, d'essuyer une déception mémorable.

The Box est en effet l'histoire d'un couple américain au milieu des années 1970. Arthur Lewis, bosse sur des programmes spaciaux et conçoit des caméras d'observation satellite. La NASA effectue en effet des recherches sur la planète Mars qu'elle vient de cartographier. Son épouse, Norma Lewis, est prof dans un lycée où elle enseigne Sartres à ses élèves. La trentaine passée, bien sous tous rapports, ils habitent une très jolie maison devant laquelle tous les matins s'arrête le bus qui emmène leur fiston au collège. Une petite famille tranquille à qui tout semble réussir. Mais pas tant que cela en fait. Les soucis financiers s'accumulent et l'avenir qu'ils espéraient radieux se voit peu à peu recouvert d'épaisses volutes de nuages noirs.

Un beau matin, alors que la maisonnée est encore profondément endormie, un colis est déposé devant leur porte. A l'intérieur, une énigmatique boite cubique en bois, munie en son sommet d'une cloche en verre fermée par une clé, protégeant un énorme bouton poussoir rouge. Une carte l’accompagne, leur annonçant la visite d’un certain Steward pour 17h. Le soir venu, alors que l'épouse est seule, un homme élégamment vêtu d'un complet noir mais dont le visage est défiguré par une horrible et profonde balafre, lui proposera un bien étrange marché : résoudre à tout jamais leurs problèmes financiers en appuyant sur le bouton. Sauf que prendre une telle décision implique deux conséquences  qui méritent rélfexion : tout d'abord, quelqu'un qu'ils ne connaissent pas mourra, quelque part dans le monde ; d'autre part,  ils toucheront la somme de 1 million de Dollars. L'offre n'est valable que 24 heures et ne doit être révélée à quiconque, hormis son mari avec qui la décision doit être prise... d'ici là, il faudra faire un choix. Et attention à toute tentative de faux pas, les conséquences pourraient en être désastreuses. Voici comment la famille Lewis se trouve prise en tenaille dans un dilemme cornélien : refuser une somme d'argent qui changera le reste de leur existence mais accepter la misère à laquelles ils s'exposent, ou accepter cette chance unique en portant toute leur vie le fardeau de la culpabilité d'avoir tué un innocent.

Je ne vous raconterai pas la suite du film, autant parce que je n'en ai pas envie que parce que c'est littéralement impossible !

Sachez seulement qu'il ne s'agit pas d'un film d'action. On se croirait davantage dans un épisode de Twilight Zone, avec quelques accents de Tween Peaks, voire - peut être lointainement - de quelques uns des meilleurs épisodes de X-Files, et si j'osais la comparaison sans confiner au sacrilège, quelques éléments d'ambiances dignes d'un Kubric (je pense à 2001 et Eyes wide shut). Très vite il faut accepter de lâcher prise et renoncer à comprendre ce qu'il se passe au fur et à mesure des événements car les éléments dont nous avons besoin ne nous seront pas donnés dans l'ordre, voire pas du tout. Sans compter que le surnaturel – ce n’est pas une surprise – fait progressivement et subtilement son apparition, contribuant ainsi à fausser encore davantage des cartes déjà inégalement distribuée.

The Box est un film étrange mais réellement envoûtant, au charme bien particulier.

Esthétiquement, c'est plutôt une réussite. On est bel et bien au coeur des années 70 (1976 précisément), avec ses papiers peints psychédéliques et ses tenues vestimentaire encore extraordinairement modernes. Le traitement de l'image par un grain discret mais présent donne l'impression que le film été tourné à la même époque, ajoutant une imperceptible couche de crédibilité naturelle supplémentaire au rendu général. La situation temporelle du récit induit tout un tas de conséquences qui servent habilement le récit. Ainsi l'absence de téléphone portable prive les personnes de pouvoir communiquer à tout moment et rend certaines répliques troublantes. De même l'absence d'internet contraint les personnages à se rendre dans des lieux précis pour récolter des informations que l'on glanerait aujourd'hui en quelques clics sans avoir à sortir de chez soi. Il est vrai que l’action aurait parfaitement pu être transposée à nos jours, la conquête de mars se muant en la conquête d'une exoplanète quelconque, scénaristiquement cela ne posait aucun problème particulier, cela a déjà été fait. Néanmoins une telle décision aurait eu pour conséquence de se priver d’une atmosphère à la singularité exquise.

Car ce qui fait la grande force de ce film c'est sans nul doute l'ambiance bien particulière qui y règne. Ainsi, dès les premières secondes un sentiment frustrant nous envahit que beaucoup de choses nous échappent ou nous sont données à comprendre. Dés lors on suppose, on devine, on essaie de recoller des morceaux dont on ne sait pas s'ils vont réellement ensemble. Mais est-on bien sûr de comprendre ce qu'il faut ? soit que les conclusions auxquelles nous sommes conduits soient fantasques, soit qu’elles soient terrifiantes. La concomitance de certains faits laisse entendre l’existence un lien de causalité ténu entre l'un et l'autre, mais est-ce vraiment la bonne explication ? Parfois oui, parfois non... d’autres fois encore on ne le sait pas, quoiqu'on puisse le supposer, sans qu'aucun démenti formel ne vienne étayer ou démolir nos hypothèses. Quelque chose de plus grand se trame en arrière plan. Mais quoi ? Qui est vraiment Steward ? Qui sont ses "employeurs" ? En quoi consistent exactement les "tests" qu'ils mènent par son entremise ? Comment fonctionne la boite ? Quelle est l'implication de la NASA qui lui prête des locaux ? Quel rapport avec Mars ? Y aurait-il un lien avec les mystérieux " maîtres de la foudre " ? Car il doit bien y avoir bien un rapport... non ?

Lorsque sortant de l'obscurité les premiers visages ont émergé, si j'ai bien senti une certaine déception de la part de ceux venus pour le film d'action du dimanche soir, j'ai également pu lire sur le visage de quelques uns la satisfaction de s'être fait mener par le bout du nez et le plaisir de rentrer chez soi la tête pleine de questions auxquelles il n'y a sûrement pas de réponse.

En définitive, The Box est à l’image d’un bon livre que, sitôt la dernière page terminée, l’on s’empresse de relire du début et dont on attend la lumière, tout en sachant secrètement avec délice que cette seconde lecture ne nous apportera guère plus de certitudes.

D'ailleurs, juste entre nous... vous auriez fait quoi vous ? Appuyer ou ne pas appuyer ...?

vendredi 6 novembre 2009

Vertes et pas mûres

Le retour des mauvais jours, la grisaille, le froid et la pluie d'automne sont autant d'occasions de rester bien blottis dans sa "maison, sucrée maison" pour de délicieuses séances de galipettes procrastination  dans les bras d'un inconnu devant un bon film, accompagné de quelques douceurs faites maison. Que ce soit Virgile et ses gâteaux italiens, Chondre et son Tiramisù, d'aimables odeurs de caramel et de pain chaud emplissent les blogs ces temps ci.

Pour ma part, la vision de plants de tomates mourants dans le jardin de mes parents  le week-end dernier m'a aussitôt fait songer à la confiture de tomates vertes que préparait ma grand-mère et dont, étant gamins, nous tartinions copieusement de larges tranches de pain pour notre quatre heure au retour de l'école mon frère et moi.

La méthode est des plus classique : des tomates vertes coupées en morceaux, un poids égal de sucre, et un citron (ou une orange) également dépecé par kilo de fruit.

On met le tout à macérer pendant 24 heures puis on cuit gentiment dans la traditionnelle bassine en cuivre pendant.. heu... ben pendant le temps qu'il faut (disons entre 30 et 45 minutes, le temps que le jus de cuisson nappe) en écumant régulièrement.

La petite astuce de Tambour Major : je cuis en 2 fois. Je donne un premier bouillon que j'interromps dès les premières bulles (le matin avant de partir au boulot) puis je fait réellement cuire le soir pendant le temps nécessaire à l'obtention d'une belle nappe. Ce procédé a l'avantage de permettre un bonne pénétration du sucre au coeur des morceaux (surtout si vous les laissez assez gros) et préserve un peu mieux la couleur verte (à moins que ce soit une illusion d'optique ?).

Passez le tout au mixer si vous la voulez sans morceaux (mais avec des morceaux c'est tellement meilleur) et hop, on verse dans des pots tant que c'est encore bien chaud ! Sans oublier une étiquette pour se rappeler ce qu'il y a à l'intérieur...

A savourer directement dans le pot, ou plus sobrement sur des gaufres ou des crêpes.

On peut aussi s'amuser à jouer quelques variantes : ajouter à la macération quelques lamelles de piment d'espelette pour donner un peu de relief, faire marcer un petit  bouquet de menthe fraîche en toute fin de cuisson pour des saveurs mentholées originales, ajouter un baton de canelle dans le pot... Il n'y a d'autres limites que celles de son imagination.



Ha, si, tout de même : évitez les rondelles de chorizo...

mardi 3 novembre 2009

chronophage

Vu sur le site ecrans.fr, un jeu chiant et assez fastoche, histoire de patienter d'ici la fin de la journée...

Conseil : mettez le son à fond !!

Greetings


La fin de l'année approche et vous songez déjà au semi-remorque de cartes de voeux que vous allez devoir envoyer à tante Ursule ainsi qu'à tous vos proches pour satisfaire à la tradition... c'est bien !

Peut être faites vous partie de ceux qui abhorrent ce rituel épistolaire aussi inutile que niais, tout comme vous haïssez les repas de famille qui ponctuent les derniers jours de l'année finissante et agrémentent les premiers de celle qui s'ouvre... c'est votre droit !

Mais peut être cherchez-vous plus simplement une façon originale de souhaiter un anniversaire, un décès, un licenciement, ou une mise à la retraite.

Quelque soit votre situation et vos opinions sur le sujet, allez donc faire un tour chez Dean Morris qui propose tout un tas de cartes de voeux pour le moins décalées, subtilement grinçantes, au mauvais goût borderline plein de panache.

Outre des cartes, le site propose tout un tas de goodies tels que porte-clés, dessous de verres, mugs et bien d'autres choses encore... Tiens, des idées cadeaux ?

Pour ma part, je suis totalement fan ! Surveillez vos boites à lettres, certains vont avoir des surprises je sens ...smileys Demons



vendredi 30 octobre 2009

Sur les ondes...

Entendue hier après midi sur France Inter alors que je découpais des tomates vertes destinées à devenir confiture, une petite curiosité musicale qui m'a immédiatement séduit à tel point que je me suis même donné la peine de faire quelques recherches sur Arnaud Fleurent-Didier, son auteur, dont on apprend sur Wiki qu'il " est un musicien, chanteur français né le 26 juin en 1974 " et qu'il a déjà à son actif plusieurs albums...




Ca sonne comme un air de déjà entendu quelque part... ha bé oui... ça ressemble à riff samplé sur Bonnie & Clide de Gainsbourg savamment remixé. Mais bon, c'est élégant, agréablement automnal et un brin nostalgique...

Mon coup de coeur du moment.